Idée maîtresse
La Suisse est un pays plurilingue et d’une grande diversité. À l’avenir aussi, elle devra continuer à nous offrir à tous et toutes suffisamment d’espace pour nous épanouir sur le plan social, économique et pour préserver la prospérité ainsi que la cohésion sociale. Nos actions respectent l’environnement et ménagent les ressources. Par une utilisation respectueuse de l’espace limité dont nous disposons et un développement des structures existantes, nous conservons ce qui est bon tout en offrant de la place pour de nouvelles opportunités.
Objectifs
Les objectifs du Projet de territoire Suisse décrivent la Suisse comme nous la souhaitons à l’horizon temporel 2050. Ces objectifs se fondent sur des critères qualitatifs. Ils peuvent être évalués, mais pas mesurés. Ces objectifs concernent la Suisse dans son ensemble et prennent en compte la variété et l’identité des régions. Ils se rapportent à tous les types d’espaces, qu'il s'agisse des villes, des agglomérations, des campagnes ou des montagnes. À l’instar des différents piliers du développement durable, les objectifs du Projet de territoire Suisse ont tous autant d’importance. À première vue, certains d’entre eux paraissent incompatibles. Nous répondons à ces conflits d'objectifs par des stratégies qui poursuivent simultanément plusieurs objectifs et qui, dans la mesure du possible, abolissent la concurrence entre les intérêts territoriaux et les besoins d'utilisation. Lorsque les objectifs du Projet de territoire sont appliqués à des projets concrets, il appartient aux responsables de fixer les priorités dans le processus de planification.
- La Suisse est constituée de régions ainsi que d'espaces divers et attractifs qui restent soudésLa Suisse se caractérise par la diversité de ses régions et de ses espaces, qui misent chacun sur leurs propres atouts. Les régions collaborent sur un pied d’égalité et œuvrent pour le bien commun. Les personnes vivent et travaillent dans différents espaces. Elles participent aux processus ainsi qu’aux décisions territoriales qui affectent leur cadre de vie et en tirent profit. La cohésion entre les régions et à l’intérieur de la société est forte.
- La Suisse est connectée à l’intérieur et vers l’extérieurLe territoire polycentrique suisse, avec ses réseaux solides d’acteurs, d'organisations et d'infrastructures, offre des possibilités d’évolution durables à la société et à l’économie. Il crée du lien par-delà les frontières administratives, géographiques et sectorielles.
- Les bases naturelles de la vie sont assurées à long termeLes espaces urbains, ruraux, et les régions de montagne disposent des ressources naturelles indispensables à la vie. Tous ces territoires sont fonctionnels et résilients, car ils se sont adaptés aux dangers naturels et aux changements climatiques. Le développement territorial se fait dans le respect de l’environnement et est au service d’un mode de vie sain et durable. Il garantit un approvisionnement durable en eau potable, en denrées alimentaires et en énergie.
- Toutes les régions offrent un cadre de vie de qualité et porteur d’identitéLes régions de Suisse proposent des perspectives de développement à leurs habitants et habitantes, mais aussi la possibilité de s’identifier à leur cadre de vie et de participer à la vie sociale. Les paysages naturels sont préservés et les paysages cultivés sont gérés et développés de manière durable. Le patrimoine culturel est entretenu et accessible. Les territoires urbanisés, le bâti et les espaces non construits sont conçus avec soin. Ils créent un cadre de vie de qualité, propice au bien-être et à la santé.
- La mobilité et l’approvisionnement énergétique sont efficaces et préservent l’environnement et le climatLa mobilité et l’approvisionnement énergétique, tout comme les infrastructures qu’ils nécessitent, couvrent les besoins. Ils sont compatibles avec les exigences d’un développement territorial qui préserve l’environnement et le climat et le soutiennent. La desserte en transports et l’approvisionnement énergétique du pays sont garantis dans toutes les régions et dans tous les types d’espaces. Ils sont efficients et économiquement supportables.
- La Suisse offre des espaces pour une économie et un habitat durable dans toutes les régionsL’utilisation du territoire évolue en s’appuyant sur des approches innovantes, en ménageant le climat et les ressources, et, dans la mesure du possible, dans les zones bien desservies, à l’intérieur des territoires urbanisés. Elle prend en compte les besoins de la population, son évolution et le changement démographique, tout comme les exigences de l’économie. Les régions et les types d’espaces exploitent leurs opportunités de développement spécifiques et suivent le rythme des changements.
Stratégies
Renforcer la polycentralité, la coopération et la diversité régionale
Nous renforçons les atouts territoriaux et régionaux et consolidons les réseaux d’acteurs en intensifiant la collaboration et la participation dans les territoires d’action.
La première stratégie se focalise sur l’organisation du territoire. Dans une perspective suprarégionale, nous encourageons la collaboration par-delà les secteurs, les niveaux de l’État et les frontières intérieures et extérieures. Une organisation du territoire en réseau, des approches globales, la participation adéquate de toutes les parties concernées sont le fondement d’une gestion fructueuse du changement. Nous renforçons la structure polycentrique du territoire suisse. La polycentralité, c’est-à-dire l’organisation du territoire autour de plusieurs centres, dépend d’une bonne desserte en transports dans l’ensemble du pays et d’une qualité de vie similaire dans les différents centres. Une participation ciblée ayant un fort ancrage régional permet des évolutions qui correspondent aux spécificités du lieu et qui sont soutenues par la population. L’équité des chances et l’implication de la population sont les bases de la cohésion sociale en Suisse.
Polycentralité
La Suisse se caractérise par une multitude de centres de grande, de moyenne ou de petite taille, reliés les uns aux autres et avec leurs alentours. La proximité d'un centre permet à une grande partie de la population d’avoir un accès rapide à son lieu de travail ou de formation ainsi qu’aux infrastructures liées à l'approvisionnement, aux services et aux loisirs. En raison de leurs fonctions, ces centres assument des tâches centrales pour les territoires environnants. Ces territoires environnants et les centres forment des régions fortes, dotées d’une identité politique, économique et culturelle. Les régions répondent aux besoins locaux. Un développement territorial et infrastructurel polycentrique réussi à toutes les échelles est décisif pour la place économique. Il aide la Suisse à regrouper ses forces selon son organisation étatique et territoriale morcelée, et à s’affirmer dans la concurrence mondiale.
80 pour cent de la population vit dans des espaces urbains. Les grandes, moyennes et petites villes ainsi que les agglomérations ont une importance sociale et politique. Elles contribuent de manière significative à la performance économique de la Suisse. Nous veillons à ce que le développement économique aille toujours de pair avec une qualité de vie et une qualité de l’habitat élevées, qu’il mette en valeur les particularités locales et respecte les principes du développement durable. Une bonne mixité sociale et fonctionnelle des villes, des quartiers, des autres territoires urbanisés et des villages accroît la cohésion sociale et la participation. Dans le développement territorial polycentrique, nous prenons en compte les défis qui se posent aux grandes villes et agglomérations. Elles jouent un rôle important en tant qu’indicateurs du changement. Elles ouvrent la voie à un développement vers l’intérieur de qualité. En tant que lieux importants pour la formation, la recherche et la culture, et grâce à leur diversité sociale, les grandes villes offrent un cadre de vie attractif. Elles réalisent des performances économiques exceptionnelles et sont prédestinées à générer de l'innovation.
Les agglomérations, les moyennes et petites villes offrent des lieux de résidence. Elles constituent de surcroît des places économiques attractives. Grâce à une transformation durable et de qualité, à leur intégration dans le réseau des villes ainsi qu'à des services et des infrastructures attractifs, elles disposeront également, à l'avenir, de conditions favorables pour accueillir des activités économiques et une population supplémentaire. Entre les espaces urbains se trouvent les espaces intermédiaires, très importants pour les activités artisanales, l’industrie et l’agriculture. Ces espaces sont également des lieux de résidence et des zones de détente de proximité attractifs, car ils sont souvent traversés par des paysages proches de l’état naturel, généralement bien desservis. Ils doivent donc répondre à de nombreuses exigences d'utilisation avec des solutions sur mesure.
Les centres régionaux jouent un rôle majeur pour la cohésion sociale, l’approvisionnement de base et la vitalité de l’espace rural. Les espaces ruraux et les régions de montagne assument des fonctions importantes pour l’économie, le tourisme, la détente, la culture et la production d’énergie, et fournissent ainsi des prestations essentielles à l’ensemble du pays. Ils déterminent en partenariat leurs opportunités spécifiques de développement local. Ils orientent de manière ciblée les fonctions d’approvisionnement supracommunales et les lieux de rencontre vers leurs centres. Dans le cadre de la collaboration régionale, ils prennent en compte la topographie qui, dans ces espaces, peut être déterminante.
Les centres des grandes régions touristiques alpines remplissent des fonctions importantes pour la population régionale. Ce sont aussi des lieux pour le sport, les loisirs et le tourisme national. Les centres touristiques ont en outre un positionnement international et sont connectés au reste du monde. Il est important d’assurer une desserte adéquate et de garder les infrastructures en bon état. Très fluctuante en fonction des saisons et de la fréquentation, l’utilisation de l’infrastructure et du parc de logements constitue, elle aussi, un défi.
Principes d’action
- Consolider le développement territorial polycentrique ; reconnaître les multiples fonctions des centres pour les zones environnantes comme une contribution essentielle et les développer davantage grâce à des structures de coopération appropriées
- S’appuyer sur la structure polycentrique du territoire pour orienter le développement de l’urbanisation vers les centres bien desservis présentant un potentiel de croissance et de bonnes capacités d’infrastructures
- Renforcer les atouts, combler les lacunes grâce à des coopérations et ne pas tout développer de la même manière partout ; veiller à ce que chaque région affine son profil, fixe ses priorités et se développe tout en ayant conscience du contexte global
- Apprécier et cultiver la diversité des régions ; permettre aux habitants et habitantes de participer sur le plan social et politique au développement territorial pour qu’ils et elles puissent façonner leur avenir en toute connaissance de cause
Territoires d’action et espaces fonctionnels
Un développement territorial durable est possible lorsque les décisions stratégiques sont prises dans une perspective globale, suprarégionale et à long terme, tout en tenant suffisamment compte des situations locales spécifiques. Pour ce faire, nous collaborons dans des territoires d’action ou dans des espaces fonctionnels, c’est-à-dire par-delà les secteurs, les niveaux de l’État et les frontières intérieures et extérieures. Nous fixons nos priorités dans le cadre d'un dialogue et développons de manière ciblée les domaines qui se complètent judicieusement et ont un impact important sur l'ensemble du système.
Les espaces fonctionnels existent à toutes les échelles, des vallées aux régions d’envergure internationale. Ils se définissent par de fortes interdépendances territoriales et fonctionnelles, ne coïncident pas toujours avec les frontières des communes, des cantons ou du pays, ni avec les régions linguistiques. Dans les espaces fonctionnels, les collectivités locales s’organisent au niveau régional pour remplir leurs missions, par exemple dans le cadre des projets d’agglomération.
Les douze territoires d’action du Projet de territoire sont des espaces de coopération et d’intention à l’échelle suprarégionale. Ils sont le fruit de la volonté politique d'aborder ensemble les défis et d'exploiter les synergies. Cette collaboration peut déboucher sur des stratégies d’ordre supérieur, des positions convergentes ou des idées directrices pour le territoire. Elle peut aider à identifier des intérêts communs et des complémentarités dans des espaces présentant des interdépendances multiples. Le dialogue permet de mieux appréhender les différences au niveau de la réalité territoriale et sociale mais aussi de résoudre ensemble les conflits d’objectifs. L’échange et la coopération peuvent favoriser l’équilibre régional. Pour durer et déployer tous ses effets à long terme, la collaboration suprarégionale requiert de l’engagement et des moyens.
Les territoires d’action du Projet de territoire Suisse intègrent divers types d’espaces et des espaces fonctionnels. Ces territoires d’action se chevauchent. Les zones de chevauchement jouent un rôle de passerelle et rappellent l’interconnexion entre les territoires. La seconde partie montre de quelle manière ces territoires d’action suprarégionaux concrétisent les stratégies du Projet de territoire Suisse, et quelles priorités ils souhaitent y fixer.
Plusieurs territoires d’action ayant des objectifs communs ou des défis similaires peuvent transposer des solutions prometteuses d’un territoire à un autre. La qualité de vie, l’évolution démographique, la cohésion sociale, l’identité commune, le tourisme, l’économie, le changement climatique, l’environnement, l’énergie ou les transports sont autant de thèmes possibles pour la coopération. Les espaces faisant face à des défis comparables sont, par exemple, les territoires d’action qui comprennent une agglomération urbaine, ceux qui se caractérisent par un réseau de petites et moyennes villes mais aussi ceux qui sont situés dans l’arc alpin ou qui dépassent les frontières nationales. Les territoires d’action transfrontaliers sont confrontés à des défis particuliers en raison des dépendances réciproques, des structures politiques et des différentes conditions-cadres politico-administratives.
Le changement climatique nécessite une coordination des mesures territoriales dans les territoires d'action, qu'il s'agisse de la prévention des dangers naturels, de la protection des milieux naturels et de leur mise en réseau, ou encore de concepts contribuant à minimiser le changement climatique, comme c’est le cas par exemple dans les domaines de l'utilisation du territoire, de la mobilité et de l'énergie.
Dans tous les territoires d’action se trouvent des régions qui enregistrent une forte croissance démographique et économique. Elles doivent lutter contre la pénurie de logements abordables, le manque de zones industrielles et artisanales adéquates ainsi que le manque de surfaces pour les infrastructures. Cette situation ne concerne pas seulement les agglomérations urbaines, mais tous les types de centres, y compris ceux situés dans les zones touristiques alpines. Grâce aux stratégies de développement à l’échelle des territoires d’action, ces régions peuvent tirer parti de leurs complémentarités territoriales et de leur potentiel de développement de l’urbanisation vers l’intérieur.
La planification de l’approvisionnement énergétique, de la mobilité et du transport de marchandises nécessite également une approche à grande échelle. La production et le stockage d’énergie dépendent de conditions territoriales spécifiques. Ils se situent souvent dans un territoire d'action différent de celui des consommateurs et consommatrices. De même, les stratégies de mobilité intermodales et la mise en relation des offres de mobilité en fonction des besoins nécessitent un cadre de réflexion qui dépasse largement les collectivités territoriales existantes. Les territoires d’action permettent cette vision commune du développement futur dans un contexte à grande échelle.
Principes d’action
- Penser et agir à l’échelle des territoires d’action ; impliquer les acteurs de l’économie, de la société civile et les particuliers ; créer ou consolider des structures de collaboration
- Identifier et exploiter les atouts ; penser de manière globale et agir en partenariat ; planifier des solutions sur mesure dans les espaces fonctionnels
- Collaborer au niveau transfrontalier lorsqu’il s’agit de décisions importantes en matière de développement territorial ; organiser le dialogue et la coopération au niveau suprarégional et par-delà les différents niveaux de l’État
Régions transfrontalières
Les régions frontalières de la Suisse comprennent des régions urbaines transfrontalières, des réseaux de villes polycentriques s'étendant au-delà des frontières nationales, des régions sous l'influence de métropoles européennes, des régions rurales transfrontalières et des régions de montagne. Certaines sont dynamiques et importantes pour le développement économique de l'ensemble de la Suisse. Dans d’autres, on trouve des zones de détente et des paysages de valeur. Dans les régions frontalières, des liens économiques, scientifiques, culturels et de la société civile se sont tissés depuis des décennies. Les régions frontalières exploitent leur potentiel grâce à un développement commun. La coopération avec les régions voisines et les pays voisins exige la volonté de toutes les parties prenantes. Les différences institutionnelles, culturelles et économiques requièrent une collaboration sur mesure pour chaque région. En retour, la coopération transfrontalière offre des opportunités pour des solutions singulières nées du partage des expériences, des cultures et des langues.
Souvent, les conditions économiques sont la force motrice du développement territorial et démographique. Nous encourageons les stratégies et les projets transfrontaliers qui confèrent à ces régions une identité propre et leur permettent de défendre leurs projets de part et d’autre de la frontière, qu’il s’agisse de régions urbaines, rurales, ou de montagne.
En Suisse, la collaboration transfrontalière n’est pas une exception, mais une réalité quotidienne et une nécessité. La plupart des cantons sont limitrophes d’un autre pays. Dans ces régions frontalières, l’économie et la population attendent des solutions transfrontières aux questions du quotidien. De même, les espaces naturels ne s’arrêtent pas aux frontières. Ainsi, l'arc alpin s'étend sur plusieurs pays qui relèvent ensemble les défis de ce territoire.
Située au cœur de l’Europe, la Suisse relève les défis en collaboration avec les régions voisines. Elle a toute sa part dans le développement territorial de l’Europe, et est intégrée dans les processus de développement européens. Nous nous coordonnons avec les pays voisins en collaborant au-delà des frontières nationales.
Principes d’action
- Exploiter le potentiel culturel, économique et social que représentent les particularités régionales indépendamment des frontières nationales ; cultiver l’identité commune et les échanges
- Consolider la coopération grâce à des stratégies et des projets transfrontaliers et surmonter les différences institutionnelles ; chercher ensemble des solutions aux questions quotidiennes de la population et de l’économie ; protéger les espaces naturels et les éléments ayant une valeur naturelle au-delà des frontières
- Garantir la connexion spatiale et organisationnelle avec les régions voisines et les pays européens
Carte pour la stratégie 1
Assurer les bases naturelles de la vie et une qualité élevée des paysages et du bâti
Nous préservons les ressources naturelles dans toutes les régions et intégrons la notion de résilience dans le développement territorial. Nous poursuivons une urbanisation vers l'intérieur de qualité, freinons le mitage et mettons en réseau les paysages ouverts et bâtis.
La deuxième stratégie porte sur la manière dont nous souhaitons intégrer les limites des ressources naturelles, le changement climatique et la perte de biodiversité dans le développement de l'urbanisation et des paysages non construits. Nous misons sur une culture du bâti de qualité, des quartiers denses et des centres à caractère urbain. Nous souhaitons préserver, autant que faire se peut, les paysages ouverts ainsi que les lacs et cours d'eau et les relier à des surfaces végétalisées ou non imperméabilisées au sein des zones urbanisées. L’ensemble de ces surfaces naturelles ou semi-naturelles interconnectées forme une infrastructure verte et bleue que nous adaptons aux espaces et au contexte. Cette infrastructure favorise la résilience, c’est-à-dire la résistance et la capacité de régénération du territoire. Elle est essentielle pour répondre aux besoins écologiques et sociaux, mais aussi pour la santé de la population. Les stratégies de développement des zones rurales et urbaines visent à garantir, sur le long terme, la fonctionnalité des régions comme espaces de vie, d’économie et de culture.
Climat et résilience
Le réchauffement climatique affecte tous les espaces, il est source d’incertitudes et de risques considérables. C’est pourquoi le territoire suisse doit devenir plus résilient. La résilience territoriale repose sur la capacité d’une région ou d’un lieu à faire face aux impacts venus de l’extérieur et à apprendre à les gérer. Le développement territorial vise une transformation qui permette tant aux écosystèmes qu'à la société actuelle et future de surmonter les crises.
Les zones rurales et urbaines aménagent leur environnement de manière à préserver et à valoriser les bases naturelles de la vie telles que la biodiversité, l’eau, les sols et l’air. Elles contribuent à mettre un terme à la consommation des sols, au réchauffement climatique et à la disparition des espèces. Elles s'adaptent au changement climatique et protègent leur population contre les risques naturels en planifiant de manière prospective leur développement territorial.
Une protection particulière doit être accordée aux zones telles que les marais, les rives, les forêts ou les hotspots pour la faune et la flore qui fixent le carbone atmosphérique et contribuent à limiter le réchauffement climatique. Les cultures et les modes d'exploitation agricole et forestière sont choisis en tenant compte du réchauffement climatique.
Les effets des catastrophes naturelles peuvent être atténués par une gestion intégrée des risques. Nous adaptons l’utilisation des sols aux risques croissants liés aux dangers naturels. L'accent est également mis sur la prévention des dommages aux bâtiments et aux infrastructures, ainsi qu'aux cultures agricoles et forestières. Nous voulons aussi protéger certains dispositifs et services indispensables comme l’approvisionnement en électricité, en eau, en denrées alimentaires ou en soins médicaux.
La prise de conscience des risques, ainsi que les mesures d'aménagement du territoire, techniques et opérationnelles peuvent protéger les territoires urbanisés contre les dangers naturels en évitant toute utilisation des zones à risques à des fins de construction ou de production et en mettant en place des redondances dans les infrastructures vitales. Des espaces adaptables, comme des villes-éponges ou des paysages-éponges qui absorbent les fortes précipitations pour restituer l’eau par forte chaleur, y contribuent. Nous devons planifier et sécuriser de manière décisive ces structures territoriales et ces espaces non construits. Les forêts de protection ainsi que les autres forêts, les lacs et les cours d’eau doivent être préservés.
Principes d’action
- Accroître la capacité de résistance et d’adaptation de tous les types d’espaces aux conséquences du changement climatique, aux dangers naturels et aux autres risques
- Adapter l’urbanisation et l’utilisation du territoire aux dangers et aux risques ; créer des zones tampons et prendre des mesures de protection
- Promouvoir la diversité des paysages ouverts et urbanisés ainsi que des milieux naturels ; préserver et mettre en réseau les espaces verts et les relier aux paysages ouverts ; garantir à long terme la fonction protectrice de la forêt
Développement de l’urbanisation vers l’intérieur
L’urbanisation doit se développer vers l’intérieur, essentiellement par la transformation et la densification de l’existant. Nous limitons ainsi le mitage du territoire et créons, dans toutes les régions, suffisamment de logements et de lieux de travail dans les villages bien desservis, les agglomérations et les villes. Parallèlement, nous voulons préserver et améliorer la qualité de vie de la population en valorisant les espaces non construits ainsi que les espaces verts urbains, en les connectant les uns aux autres et en les reliant aux paysages ouverts.
L’urbanisme, l’architecture et le paysagisme créent un cadre dans lequel il fait bon vivre, porteur d’identité, dont la qualité est essentielle non seulement pour la population, mais aussi pour l’économie et le tourisme. Ils sont au service d’une culture du bâti de haut niveau et du développement durable. Nous soutenons un urbanisme qui crée des agglomérations diversifiées offrant une bonne qualité de vie. Il doit être en harmonie avec le caractère des lieux, favoriser la mixité sociale et fonctionnelle, mais également offrir suffisamment de logements à toutes les couches de la population.
Une urbanisation compacte proposant des trajets courts et plaisants pour les besoins quotidiens renforce les caractéristiques qui rendent les villes, les quartiers et les villages durables. Des communautés de voisinage animées et des structures socio-spatiales stables voient le jour lorsque les contacts sociaux peuvent se développer. Un système rationnel d’approvisionnement et d’élimination, une mobilité organisée avec efficacité, sans oublier l’utilisation économe du sol, favorisent la préservation ou la création d'espaces pleins de vie. Le développement de l’urbanisation prend en compte les besoins d’une population diverse et vieillissante. Nous encourageons les services, les infrastructures, les espaces publics et les habitats flexibles et adaptés à différents modes de vie.
Les espaces publics tels que les parcs, les places, les rues des villages et des quartiers constituent l’ossature du tissu urbain. Ils sont essentiels pour la détente et la santé des personnes. Ils favorisent les rencontres, l’activité physique et sportive. Les surfaces non imperméabilisées à l’intérieur du milieu bâti permettent de réguler la chaleur, d’atténuer le bruit, de préserver la biodiversité, de gérer l’eau.
Principes d’action
- Développer l’urbanisation vers l’intérieur, rénover et construire de manière qualitative ; privilégier une urbanisation dense ; exiger des espaces non construits variés qui servent à la détente de proximité et soient protégés du bruit tout en étant adaptés au climat
- Renforcer la mixité sociale et fonctionnelle des villes, des quartiers, des zones urbanisées et des villages dans toutes les régions ; créer des espaces propices à l'activité physique et aux rencontres ; répondre aux besoins d’une population diverse et vieillissante en matière d'accessibilité des lieux
- Concevoir des espaces publics ayant une qualité urbanistique
- Renforcer les centres de localité ; rénover les sites dans le respect de leur identité ; promouvoir une culture du bâti de qualité ; préserver le patrimoine bâti et le développer de manière qualitative
Paysages ouverts et bases naturelles de la vie
Des milieux naturels et semi-naturels continus fournissent des services écologiques existentiels. C’est pourquoi le développement territorial considère désormais les espaces cultivés et naturels non construits comme un ensemble connecté au sein duquel les utilisations humaines (par exemple, économie, détente) interagissent avec les écosystèmes et le climat. Les paysages cultivés, comme les régions dédiées aux grandes cultures, les pâturages ou les vignobles contribuent au caractère régional du paysage. Nous voulons préserver leurs caractéristiques spécifiques, les utiliser avec soin et les développer de manière réfléchie.
Nous voulons protéger les paysages naturels peu ou pas transformés par l’être humain, ainsi que les paysages cultivés proches de la nature et les milieux naturels précieux pour le bien de la société et de l’économie. Ces zones comprennent, par exemple, des paysages de montagne en grande partie intacts, et abritent des milieux naturels rares ou menacés. Les installations touristiques et énergétiques implantées dans les paysages ouverts sont à structurer et à concentrer au niveau territorial.
Les zones agricoles contiguës sont importantes pour la production de denrées alimentaires, l’attractivité des espaces ruraux, la qualité de vie et la préservation des traditions culturelles. Nous souhaitons garantir que l'agriculture locale puisse contribuer de manière significative à l'approvisionnement en denrées alimentaires tout en préservant à long terme les surfaces, la qualité et la fertilité des sols agricoles et en valorisant les sols dégradés. Il est important de protéger tout particulièrement les surfaces d'assolement, c'est-à-dire les terres dont la qualité du sol est la meilleure. L’érosion, le compactage et la pollution des sols sont à éviter.
En tant qu'écosystème riche en espèces et adaptable, la forêt remplit également d'importantes fonctions protectrices et utiles pour l'environnement, l'économie et la société. Afin que les forêts puissent continuer à remplir leurs fonctions malgré les changements climatiques, il est essentiel de les préserver, de les protéger contre les dommages, de les gérer de manière naturelle et de les relier les unes aux autres.
Les surfaces agricoles et forestières servent, d’une part, à la production de denrées et de bois et offrent, d’autre part, à la population des lieux pour la détente et l'activité physique. Elles abritent des milieux naturels pour d'innombrables espèces animales et végétales et jouent un rôle central pour la biodiversité et les eaux souterraines. Cela peut entraîner des conflits entre les utilisations, ou entre des groupes ayant différents besoins. Nous voulons peser les intérêts en présence et renforcer la compréhension mutuelle entre les groupes afin que différentes utilisations et activités puissent coexister dans ces territoires.
Les zones lacustres et fluviales naturelles ou semi-naturelles doivent remplir à long terme leur fonction d’aires écologiques centrales et de liaisons entre les infrastructures vertes et bleues. Les rives des lacs et des rivières, qui servent de zones de détente à proximité des zones urbanisées, doivent rester le plus possible accessibles à la population. L’utilisation des espaces proches des rives doit être coordonnée avec la protection des espèces et la protection contre les crues. Les lacs et cours d'eau peuvent fournir des services écosystémiques essentiels et répondre à différentes exigences en matière d'utilisation et de protection que s’ils disposent de suffisamment d'espace. Le développement territorial associé à une gestion intégrée de l’eau contribue à une gestion durable de celle-ci. Comme pour les eaux de surface, nous protégeons également les eaux souterraines, ressource essentielle en eau potable.
Principes d’action
- Mettre en réseau les milieux naturels, favoriser le développement de la biodiversité et renforcer l’infrastructure bleue et verte ; préserver et améliorer les multiples fonctions assurées par les espaces dédiés aux eaux
- Protéger et développer les surfaces cultivées et forestières continues ; préserver la fertilité des terres agricoles et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire ; sauvegarder la fonction écologique des espaces cultivés et des forêts
- Préserver les paysages naturels et ruraux ; assurer un équilibre entre protection et utilisation du territoire et coordonner les besoins des différents usagers et usagères
- Favoriser un approvisionnement en eau potable sûr et une gestion durable de l'eau grâce à des mesures d'aménagement du territoire
Carte pour la stratégie 2
Prévoir des espaces pour le développement de la population et de l’économie, façonner la mobilité et l’énergie en adéquation avec l’environnement et le climat
Nous coordonnons la mobilité, l’approvisionnement énergétique et le développement territorial et les concevons de manière globale afin de faire de la Suisse un lieu de vie, de travail et d'activité économique attractif et créatif.
La troisième stratégie se concentre sur les besoins de la société et de l’économie. La croissance démographique, le dynamisme économique et les évolutions sociales mettent à rude épreuve le territoire et les infrastructures. Ils exercent de surcroît une pression croissante sur les milieux naturels de haute qualité. Afin de relever ces défis, nous élargissons la culture de planification et la pratique en matière de développement territorial. Nous planifions de manière globale, concevons des procédures efficaces et développons des solutions intégrées et coordonnées, telles que des utilisations multiples ou temporaires d’un même espace. La planification et la gestion du territoire doivent être durables et exploiter pleinement les possibilités offertes par la numérisation. Cette stratégie vise à garantir un approvisionnement énergétique durable et sûr, et à utiliser l’énergie avec parcimonie. Elle encourage une coordination territoriale entre le développement de l'urbanisation et des transports. Elle soutient également la mobilité multimodale ainsi qu'un système de transport économe en surface qui garantit une bonne accessibilité régionale et internationale.
Territoire et développement
L’essentiel de la croissance de la population et de l’économie doit avoir lieu dans des zones urbanisées bien desservies et densément construites. Une construction compacte ainsi que des bâtiments et installations flexibles et multifonctionnels favorisent l'efficacité de l’utilisation des surfaces. Ce principe s’applique tout autant aux développements dans les villes, les agglomérations, les centres régionaux que dans les villages. Les locaux vacants et les friches doivent être utilisés de manière temporaire ou réaffectés. Ils offrent une marge de manœuvre précieuse pour répondre à différents besoins en matière de développement. Une gestion régionale des surfaces aide à ménager les réserves d’utilisation internes, à réduire les risques de dommages et à placer stratégiquement les fonctions clés. Grâce à des procédures efficaces, à l’implication précoce des groupes d’intérêts et à la prise en compte des conflits d’objectifs, nous réunissons les conditions nécessaires à la réalisation rapide des projets.
Les surfaces dédiées aux sites de production, aux activités commerciales et aux entreprises de services jouent un rôle central dans la planification, car l’économie et ses processus dynamiques sont une condition préalable et un moteur déterminant du développement territorial dans son ensemble. L’économie a besoin de bonnes infrastructures, de possibilités d’utilisation du sol et de développements flexibles, y compris à proximité des centres. Les chaînes d'approvisionnement et de fabrication courtes sont attractives pour les secteurs économiques productifs. Les clusters locaux et régionaux de sites de production et de logistique simplifient les processus et génèrent des synergies territoriales et opérationnelles. Le trafic doit être maîtrisé, le bruit et les émissions indésirables des sites de production doivent être contrôlés en tenant compte des besoins d'autres utilisations tels que le logement et les loisirs.
L'économie circulaire nécessite des surfaces adaptées à la production, à l'approvisionnement et à l'élimination des marchandises, ainsi qu'au recyclage ou à la réutilisation des matériaux de construction. Certains secteurs sont particulièrement prédestinés à la mise en œuvre rapide de telles conditions. La proximité des sites existants favorise les synergies et peut aider à simplifier des processus.
L’accès à des technologies de l’information et de la communication performantes est important pour l’attrait d’un site, y compris dans les régions périphériques. Dans ce domaine aussi, nous souhaitons continuer à assurer un approvisionnement de base adéquat à l'avenir. La possibilité de travailler à distance et en coworking peut contribuer à maintenir la vitalité des villages et des quartiers et à renforcer leur attractivité.
L’agriculture est confrontée à des défis majeurs comme le changement structurel et l’adaptation de la production au changement climatique. Parallèlement, elle doit répondre à des exigences élevées de la société. C’est pourquoi les agriculteurs et les agricultrices se tournent vers de nouvelles formes de collaboration et privilégient des modes de production ainsi que des produits durables et prometteurs. Un échange dynamique entre les régions urbaines et rurales contribue à rendre la chaîne alimentaire durable et profitable pour tous et toutes, de la production à la consommation en passant par la transformation, le commerce et la logistique.
En raison de la croissance démographique et des changements sociodémographiques, le nombre de ménages et la demande en logements augmentent. La disponibilité de logements est un facteur important pour l'attractivité d'un site. Pour assurer la mixité sociale, il faut des logements abordables et adaptés aux différents types de ménages, y compris à proximité des centres-villes. C'est pourquoi nous nous engageons en faveur de quartiers compacts, attractifs et agréables à vivre dans les zones urbanisées existantes et favorisons des affectations et des possibilités d’exploitation flexibles.
Nous planifions avec soin les différentes utilisations du sous-sol, qu’elles soient liées au transport, à la production et au stockage d'énergie, ou à l’extraction de matières premières ou encore à l'approvisionnement en eau potable. Nous coordonnons ces utilisations avec les enjeux territoriaux qui se posent en surface.
La Suisse est une destination touristique attractive. Un développement durable du tourisme a des effets positifs sur l’économie dans les régions, et participe à l’attractivité du cadre de vie. Il faut toutefois trouver des solutions pour compenser les inconvénients pour la population locale, tels que la concurrence dans l’accès au logement, ou la sollicitation des espaces paysagers. Les régions touristiques fortement affectées par le changement climatique peuvent proposer, grâce à des modèles innovants et durables, des alternatives aux offres qui ont été, jusqu’ici, fortement marquées par la saisonnalité.
Principes d’action
- Utiliser efficacement les territoires urbanisés et poursuivre leur développement de manière compacte ; planifier au-delà des limites territoriales et développer de manière ciblée des sites bien desservis dans toutes les régions ; limiter le mitage
- Exploiter toutes les possibilités pour créer suffisamment d'espace pour des logements contemporains, adaptés aux besoins et abordables
- Mettre à disposition des surfaces pour une activité économique et professionnelle innovante et durable dans des zones urbanisées bien desservies de toutes les régions ; poursuivre le développement des zones touristiques de manière durable, dans l'intérêt de la population locale
- Prévoir de l’espace pour la production industrielle, artisanale et agricole ; prendre en compte et organiser l'approvisionnement, l'élimination des déchets et le recyclage.
- Rendre les procédures plus efficaces et permettre une utilisation variable, multifonctionnelle ou temporaire du territoire ; impliquer les groupes d’intérêts à un stade précoce de la planification
Énergie
L’approvisionnement énergétique est en pleine mutation. Afin de réduire l'impact environnemental et les émissions de CO2 liés à la production d'énergie, l'économie et la société doivent utiliser l'énergie de manière aussi efficiente que possible et exploiter systématiquement les potentiels d'économie et de récupération. Elles contribuent ainsi à renforcer la sécurité de l'approvisionnement. La Suisse développe des énergies renouvelables sur son territoire et adapte les infrastructures énergétiques à la nouvelle donne. Le développement territorial a pour mission d’accompagner cette transformation, de la coordonner, et de mettre à disposition les surfaces nécessaires. À l’avenir, l’électricité devra être produite en premier lieu à partir d’énergie solaire, hydraulique ou éolienne, de manière la plus décentralisée possible. La chaleur devra essentiellement être produite à partir de l’environnement, de la biomasse, ou encore être obtenue par géothermie ou par solaire thermique. La disponibilité des énergies renouvelables fluctue en fonction de l’heure et de la saison. Ces variations doivent être compensées par un bon ajustement du système de production, des capacités de stockage, de l’infrastructure de transport et de distribution. La structure du réseau doit être adaptée aux besoins futurs en matière de production, de stockage et de consommation d'énergie. Nous réservons les tracés et les sites nécessaires à cet effet. La Suisse est intégrée aux réseaux européens de transport d’énergie et dépend de leur interconnexion à l’échelle internationale. Lorsque cela est nécessaire, les goulets d'étranglement aux interfaces avec les réseaux des pays voisins doivent être éliminés.
Les infrastructures énergétiques ont une importance capitale pour l’approvisionnement. La Suisse a donc besoin de réserves et de redondances suffisantes. Elle conçoit et renforce son infrastructure afin de produire plus d’énergie renouvelable sur son territoire. Cela implique de construire de nouvelles installations et d’agrandir des installations existantes là où l’impact sur l’environnement et le paysage est le moindre. Nous exploitons de manière ciblée les possibilités existantes et planifions des aménagements principalement dans les territoires urbanisés et là où il existe déjà des infrastructures. Ces installations doivent être bien intégrées au territoire environnant. La planification prend également en considération les opportunités de couplage des secteurs, c’est-à-dire les possibilités de liaisons entre les secteurs de l’électricité, de la chaleur et des transports. Cette planification tient compte des facteurs et des besoins spécifiques à chaque site.
Nous visons la neutralité climatique pour le parc immobilier, la mobilité et la consommation énergétique liée aux besoins économiques et à la consommation de la population. Nous exploitons davantage les potentiels existants pour accroître l'efficacité tant dans les villes qu'à la campagne, par exemple grâce à la rénovation énergétique des bâtiments et à l'utilisation du potentiel thermique au moyen de réseaux de chauffage à distance et de proximité.
Principes d’action
- Garantir l’approvisionnement énergétique en privilégiant les sources durables ; viser une bonne coordination temporelle et territoriale entre la production et le besoin ; exploiter systématiquement l'efficacité énergétique et le potentiel d'économies ; adapter le parc immobilier, la mobilité et l’industrie aux énergies climatiquement neutres
- Organiser la production, le stockage, le transport et la distribution dans le respect de l’environnement, de la spécificité de chaque site et du paysage ; regrouper les installations et les intégrer harmonieusement dans le territoire
- Planifier le système énergétique de manière globale ; coordonner les infrastructures de production, de transport et de distribution ; assurer la mise en réseau nationale et internationale y compris les interfaces entre plusieurs domaines énergétiques
Mobilité
Un système de transport efficace est essentiel au bon fonctionnement du pays. L’infrastructure de transports de la Suisse est fiable, et est déjà en grande partie construite. Nous veillons à ce qu'elle reste fonctionnelle et continue de se développer de manière globale. Avec la planification des transports, nous favorisons des structures d’urbanisation compactes et mixtes afin de répondre de manière optimale aux besoins de mobilité variés et en constante évolution. Ce faisant, nous tenons compte de l’évolution démographique et économique.
Les infrastructures et la mobilité doivent s'adapter aux évolutions sociétales, écologiques et économiques et intégrer les changements technologiques. Nous développons les infrastructures de transport dans le respect des ressources et du paysage et créons des conditions cadre favorables pour des formes de mobilité économes en surfaces. Nous exploitons pleinement et efficacement les possibilités des infrastructures de transport existantes afin d'économiser des surfaces et des coûts liés aux extensions. Cela signifie, par exemple, que le taux d’utilisation doit être équilibré le plus possible selon les différents moments de la journée, de la semaine et de l'année en ajustant les utilisations en créant des incitations. Lorsque les transformations, extensions et nouvelles constructions s’avèrent indispensables, nous réservons les surfaces à temps et tirons parti des possibilités d'utilisations multiples. Une planification des transports à long terme contribue à trouver des solutions respectueuses de l’environnement et à limiter les impacts négatifs des transports sur le territoire et la santé. Nous tirons parti des synergies résultant du regroupement des infrastructures.
Nous souhaitons relier étroitement les différents niveaux de réseau – du transport longues distances au transport régional et local. Le transport local comprend, outre la marche et le vélo, les trams, les bus et les installations à câbles. Un réseau étroitement coordonné permet de proposer une offre performante et stable pour le transport de personnes et de marchandises. Le réseau de transport relie efficacement les territoires et les régions entre eux, garantit leur desserte et permet de choisir le moyen de transport le plus adapté en fonction du lieu et du moment.
La mobilité est multimodale : les usagers et usagères doivent pouvoir combiner en toute simplicité différents modes de transport afin de se déplacer en fonction de leurs besoins. À cet égard, les interfaces multimodales peuvent jouer un rôle central à cet égard. Nous assurons l’accessibilité, des chaînes de transport rationnelles, de bonnes liaisons, et un accès facile à la mobilité pour toutes et tous, sans générer un surcroît de trafic démesuré.
Dans les espaces ruraux et les régions de montagne, le transport routier et la combinaison de différents modes de transport sont au premier plan. Dans les territoires densément peuplés, les villes et les agglomérations, nous privilégions le train, le tram et le bus, ou le vélo et la marche. Nous libérons ainsi des surfaces pour les transports liés à l’activité économique qui sont tributaires de la route. Nous contribuons aussi à une densification vers l’intérieur de qualité et à la santé de la population en réduisant les émissions et le niveau sonore.
En outre, la Suisse dépend d'une bonne connexion au réseau de transport européen et mondial, que ce soit par le rail, par les routes (nationales), par la voie maritime ou aérienne. Cette connexion est un facteur d’implantation important pour l’économie suisse tournée vers les exportations, ainsi que pour le tourisme et les organisations internationales. Les aéroports nationaux jouent un rôle clé dans la connexion avec l’étranger.
Le transport de marchandises doit être respectueux de l’environnement. La productivité et le taux d'utilisation sont élevés, les trajets à vide sont évités. La combinaison des différents modes de transport permet de regrouper les flux de marchandises sur de longues distances. Des plateformes de transbordement multimodales bien connectées aux centres assurent une distribution flexible et compatible avec l’urbanisation. Elles facilitent de surcroît l’approvisionnement et l’élimination en milieu urbain.
L’innovation, la numérisation et l’automatisation peuvent contribuer de manière significative à une mobilité multimodale et conviviale. Les progrès de l'automatisation doivent être mis au service d’une mobilité efficace et d’une réduction du trafic. Les concepts d’offres reposant sur les nouvelles technologies peuvent déboucher sur des solutions de mobilité durable. Ils contribuent, par exemple, à assurer plus efficacement la desserte des régions peu peuplées.
Principes d’action
- Assurer la desserte de toutes les régions et de toutes les parties du pays ; coordonner les transports, le développement de l’urbanisation ainsi que la croissance de la population et de l’économie
- Élargir les possibilités offertes aux usagers et usagères, combiner les moyens de transport de manière flexible et en fonction de leurs atouts, encourager la mobilité active et les trajets de courtes distances
- Exploiter pleinement les capacités existantes pour le transport de personnes et de marchandises et les compléter de manière stratégique ; utiliser les infrastructures de manière uniforme et les maintenir en état de fonctionnement
- Utiliser les nouvelles technologies et la numérisation pour améliorer l'efficacité de l'ensemble du système de transport
- Développer et renforcer les connexions avec les systèmes de transport européens et mondiaux