Territoires d’action
Les textes relatifs aux territoires d’action ont été rédigés par des spécialistes de ces territoires. Les instances décisionnelles compétentes dans les régions ont adopté ces textes. Selon le territoire d’action, la responsabilité varie et s’étend des conférences gouvernementales aux associations, en passant par des organes spécialisés qui s’appuient sur des stratégies validées politiquement. Les objectifs énoncés dans la partie B du Projet de territoire Suisse n’entraînent pas d’obligations concrètes, telles que la réalisation ou l’extension d’infrastructures.
Espace métropolitain de Zurich
L’espace métropolitain de Zurich comprend les cantons de Zurich, de Schaffhouse, de Schwyz, de Zoug ainsi que des parties des cantons de Thurgovie, de Saint-Gall, d’Argovie, de Lucerne et de Glaris. Sa croissance a été dynamique au cours des dernières décennies et devrait se poursuivre à un rythme soutenu. Près de 40 pour cent de la population suisse y vit. La proportion d’emplois y est encore plus élevée. La croissance future doit se concentrer sur les paysages urbains et les paysages intermédiaires, et non dans les paysages ruraux et naturels.
Le pilier central de cette évolution est une infrastructure performante. Le nœud ferroviaire de la Gare centrale de Zurich, l’aéroport de Zurich-Kloten et la vallée de la Limmat, qui constitue une interface pour le transport ferroviaire de marchandises, assurent la mise en réseau nationale et internationale. Des entreprises actives au niveau mondial comme au niveau local et des institutions de formation, de recherche, de santé et de culture font de ce territoire un pôle majeur de l’innovation en Suisse. Les centres petits et moyens contribuent à renforcer son potentiel social, économique et culturel.
Dans l’espace métropolitain de Zurich, les cantons, les régions, les villes et les communes collaborent étroitement dans tous les domaines politiques. Le texte qui suit se base sur le concept d'aménagement de l'espace métropolitain zurichois 2050.
Développement de l’urbanisation
80 pour cent de la croissance de la population et des emplois se concentre dans les zones urbaines et les centres régionaux, et 20 pour cent dans les paysages intermédiaires et les paysages rurales. Aucun développement quantitatif n’est prévu dans les paysages naturels. Les cantons, villes et communes développent l’urbanisation de manière qualitative et équitable, en respectant le patrimoine bâti, essentiel à l’identité locale. Il convient de garantir une offre de logements diversifiée et abordable et de contrer la ségrégation de groupes de population issus de milieux socio-économiques défavorisés. Les zones d’activité doivent être développées en utilisant efficacement le sol et de manière qualitative. L'accent est mis sur la poursuite de la construction au sein du milieu bâti existant. Les zones urbanisées ne doivent pas s’étendre jusqu’en 2040 au moins.
Paysage et biodiversité
Ce territoire se caractérise par des paysages ainsi que des lacs et cours d’eau variés qui créent une identité, fournissent des denrées alimentaires et de l’énergie et servent à la détente. Le développement de l’infrastructure écologique met en réseau les réserves naturelles existantes et favorise la biodiversité. Les zones de détente à usage intensif doivent être circonscrites.
Mobilité
Les formes de mobilité économes en surfaces et en énergie sont systématiquement encouragées et combinées de manière intelligente. Au moins la moitié du trafic voyageurs supplémentaire sera assurée par les transports publics, le reste sera effectué à pied ou à vélo. Des mesures numériques et organisationnelles ainsi que les nouvelles technologies réduisent les goulets d’étranglement aux heures de pointe et le besoin d'extensions de l'infrastructure. Les aménagements indispensables sont limités en priorité aux paysages urbains et aux centres régionaux. L’augmentation des capacités, la densification des cadences et la stabilité de l’horaire au sein de l’espace métropolitain priment sur l’accélération des liaisons entre les espaces métropolitains.
Énergie et climat
L’ensemble du territoire d’action contribue à la protection du climat et adapte ses aires urbanisées aux changements climatiques. L’augmentation de l’efficacité énergétique, la promotion de formes d’habitat économes en énergie et le recours systématique aux énergies renouvelables sont au cœur des préoccupations. Le développement des infrastructures de production et des réseaux de distribution d’énergies renouvelables doit être réalisé en priorité sur des sites déjà construits et adaptés à cet effet.
Pour atteindre les objectifs fonctionnels et territoriaux, les mesures requises sont différenciées selon les types d’espaces.
Paysage urbain
Les paysages urbains absorbent la majeure partie de la croissance. Les centres concentrent les établissements de formation, les institutions culturelles, de recherche et de santé ainsi que les principaux nœuds de transport. Le développement de l’urbanisation vers l’intérieur accentue la pression sur la préservation des structures architecturales et sociales caractéristiques. Parmi les objectifs principaux figure la création de logements et de locaux artisanaux abordables et économes en surface ainsi que d’espaces libres de grande qualité et à forte valeur écologique. Il s’agit de garantir la qualité des espaces publics, de créer des niches écologiques interconnectées favorisant la biodiversité et de prendre des mesures pour améliorer le climat urbain. Les déplacements à pied et à vélo jouent un rôle central dans la mobilité. La cadence au quart d’heure est assurée dans les transports publics.
Paysages intermédiaires
Les paysages intermédiaires offrent de nombreuses opportunités pour des logements abordables destinés à une population variée et pour des zones industrielles et artisanales. Ils doivent être densifiés de manière ciblée : en misant sur des qualités urbaines, des possibilités d’activité physique et de rencontre pour tous, des espaces verts et des espaces libres attrayants, écologiques et connectés, ainsi que sur des périphéries bien aménagées. La proximité des espaces de délassement tout comme la préservation de l’identité architecturale et culturelle dans les communes et les quartiers génèrent des espaces variés pour le logement, le travail et les loisirs. Les gares sont des zones de développement et des interfaces reliées aux zones urbaines (cadence au quart d’heure) et aux espaces environnants (cadence à la demi-heure). L’extension du réseau de chemins piétonniers et de voies cyclables ainsi que de l’infrastructure écologique requiert des efforts particuliers.
Paysage rural
Le paysage rural est marqué par l’agriculture. Une exploitation durable des sols assure la production, la biodiversité et le régime des eaux sur le long terme. Les centres régionaux, avec les fonctions qu’ils remplissent, constituent l’épine dorsale de la zone rurale. Il convient d’éviter toute extension de l’urbanisation dans les paysages ouverts et de préserver les espaces verts entre les villages. Les surfaces destinées à l’infrastructure écologique doivent être étendues et les zones non bâties préservées. En général, les transports publics circulent à la cadence horaire. Des formes de mobilité innovantes viennent compléter ce dispositif de manière flexible.
Paysage naturel
Le paysage naturel comprend des zones en grande partie intactes. On y trouve des sites à vocation touristique avec des hôtels et des résidences secondaires, mais la population est dans l’ensemble clairsemée. Il n’y a plus de croissance quantitative. Les personnes y viennent pour se détendre. L’accent est mis sur une grande diversité des espèces et des milieux naturels. L’agriculture et la sylviculture renforcent les différents espaces et tiennent compte des paysages dignes de protection, des espaces naturels et de la biodiversité. L’offre de base en matière de transports publics est garantie et complétée en fonction des besoins pour desservir les destinations touristiques. Les capacités routières et ferroviaires ne sont pas développées. En revanche, des améliorations qualitatives sont apportées aux infrastructures destinées aux piétons et aux cyclistes.
Espace métropolitain trinational de Bâle
L’espace métropolitain trinational de Bâle comprend les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne ainsi que des parties des cantons de Soleure, d’Argovie et du Jura. Il s’étend jusqu’à l’Alsace et au sud du pays de Bade et fait partie de la Région métropolitaine trinationale du Rhin supérieur. Le paysage est marqué par les vallées du Rhin et de ses affluents, ainsi que par les massifs du Jura, du Sundgau et du sud de la Forêt-Noire.
La région connaît un fort dynamisme économique, ce qui entraîne une croissance démographique importante. Le secteur des sciences de la vie, l’offre culturelle, la force d’innovation numérique, une économie durable et diversifiée ainsi qu’une offre de formation variée et de grande qualité sont essentiels à l’attractivité nationale et internationale de la région.
La région de Bâle est la porte d’entrée de la Suisse vers l’Europe pour les personnes et les marchandises. La vie quotidienne transfrontalière et les liens sociaux et économiques étroits sont caractéristiques de l’interconnexion entre la Suisse et les pays voisins. Les paysages naturels et culturels attrayants du Jura et du Rhin constituent d’autres facteurs importants.
Le réchauffement climatique constitue un défi majeur : les villes et les terres agricoles sont fortement touchées par les sécheresses et les vagues de chaleur. Le réseau ferroviaire et routier est saturé, situation qui est encore accentuée par l’importance de Bâle en tant que nœud de transport international. Pour relever ces défis, une coopération à tous les niveaux est nécessaire : intercommunale, transfrontalière et avec les territoires d’action voisins.
Soutenir des pôles de développement
Le développement de cet espace est encouragé en particulier dans le centre de l’agglomération et dans les axes de développement urbain des vallées du Rhin, de la Wiese, de la Kander, de l’Ergolz, de la Birse et du Birsig. Cette démarche s’effectue à l’échelle intercommunale et trinationale afin d’orienter les utilisations vers les sites adaptés en termes d’aménagement du territoire, indépendamment des frontières.
Favoriser la cohésion sociale et les coopérations transfrontalières
La cohabitation des « Européennes et Européens du quotidien » dans cet espace trinational est marquée par le respect et l’estime réciproques. Les diverses influences culturelles et le patrimoine architectural rendent cette région unique. La collaboration entre les partenaires du territoire d’action s’appuie sur des organisations régionales et trinationales, ainsi que sur le projet d’agglomération, la nouvelle politique régionale de la Confédération et des programmes européens comme Interreg. Les écoles, les universités et les acteurs économiques collaborent de plus en plus au-delà des frontières.
Promouvoir une densification urbaine de qualité
Une planification adaptée au climat et spécifique au site permet de concilier densification urbaine et qualité. De plus, l’espace est organisé de manière à créer une région où les distances sont courtes.
Préserver les paysages caractéristiques
Les zones agricoles, forestières et naturelles contiguës dans les trois pays sont préservées de l’étalement urbain et de la surexploitation. Les différentes utilisations de l’espace, telles que la production de denrées alimentaires ou d’énergie, ainsi que les activités de loisirs, contribuent à la création régionale de valeur. Elles doivent être conçues dans une perspective d’avenir, tenir compte du réchauffement climatique et être coordonnées entre elles.
Les paysages fluviaux du Rhin et de ses affluents, qui forgent l’identité de l’espace métropolitain, sont valorisés de manière ciblée en tant qu’axes de mise en réseau importants mais aussi en tant qu’espaces de vie et de détente. Les paysages cultivés du Jura tabulaire et plissé, qui présentent des caractéristiques paysagères et régionales typiques, ainsi que des milieux naturels précieux, doivent être préservés et entretenus.
Renforcer la résilience de la région face aux dangers naturels et au risque d’accident majeur
Les crues et les séismes sont considérés comme les principaux dangers naturels dans cette région, auxquels s’ajoutent, dans certaines zones, la sécheresse et les glissements de terrain. Dans certaines parties de la région, la forte densité de population, la mixité des usages et le tracé des axes de transport augmentent le risque d’accident majeur. Une gestion intégrée des risques doit permettre d’identifier et de réduire ces risques.
Soutenir un développement économique durable
L’accent est mis sur les sciences de la vie, l’innovation numérique et d’autres secteurs économiques durables et ancrés dans la région. L’objectif est de garantir et de promouvoir le développement des entreprises existantes et l’implantation de nouvelles entreprises, grâce à des avantages tels que la disponibilité de terrains, l’accessibilité et la qualité de vie. Ville de congrès et d’événements, Bâle contribue à la création de valeur ajoutée.
Maintenir une qualité de vie élevée
Une offre de logements suffisante, diversifiée et abordable est garantie. L’accent est mis sur le développement du tissu bâti existant, dans un souci de préservation de sa valeur et de mise aux normes énergétiques. En outre, il convient de viser des environnements résidentiels de qualité, des espaces de détente de proximité, une mobilité durable, des centres animés, une vie culturelle au rayonnement international et une offre de loisirs variée.
Garantir un approvisionnement énergétique neutre en CO2
La région métropolitaine trinationale du Rhin supérieur et les cantons du nord-ouest de la Suisse se sont engagés à renforcer leur coopération en matière de politique climatique. Les énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique, biomasse ou géothermique) sont encouragées. De nouveaux sites industriels et commerciaux doivent être conçus là où une énergie neutre en carbone est disponible. Par ailleurs, il faut prévoir des infrastructures de captage, de transport et de stockage du CO2.
Renforcer la fonction de « Gateway » pour la Suisse
L’espace métropolitain trinational de Bâle est un carrefour important pour les corridors de transport européens et constitue la « porte de la Suisse vers l’Europe » pour le transport ferroviaire, fluvial, routier ou aérien. Le transport international de personnes et de marchandises ainsi que les services logistiques dépendent du bon fonctionnement de ce carrefour.
Le renforcement de l’infrastructure ferroviaire permet de désenchevêtrer le trafic grandes lignes, le trafic de marchandises et le trafic régional dans le centre de l’espace métropolitain. L’accessibilité au sein de la région sera améliorée et des liaisons ferroviaires plus fréquentes et plus rapides vers les principales métropoles européennes seront mises en place, offrant ainsi une alternative au transport aérien plus respectueuse du climat.
Réussir la transition de la mobilité grâce à la planification coordonnée de l’aménagement du territoire et des transports
La croissance démographique et la création d’emplois se concentrent dans les zones facilement accessibles par les transports publics. Une infrastructure cyclable bien aménagée et sûre est essentielle pour répondre de manière durable aux besoins futurs en matière de mobilité dans cette région en pleine expansion.
Espace métropolitain lémanique transfrontalier
L’espace métropolitain lémanique transfrontalier, comprenant les cantons de Genève et Vaud, ainsi que des parties des cantons de Fribourg, du Valais et de l’Arc jurassien, est un territoire d’exception. En son sein, plusieurs agglomérations sont constituées, dont certaines avec une dimension intercantonale, à laquelle s’ajoute, pour l’agglomération du Grand Genève, une dimension transfrontalière marquée par des interactions quotidiennes intenses avec la France voisine. Ses deux pôles urbains majeurs, les agglomérations de Lausanne-Morges et du Grand Genève, ainsi que son réseau de villes et villages, bénéficient d’un cadre de vie privilégié, particulièrement attractif et dynamique pour le travail et l’habitat. Situé entre Alpes et Jura, ce territoire structuré d’un point de vue paysager par le Léman et ses affluents, ainsi que par ses vastes régions rurales, constitue une destination touristique de choix.
Centre de rayonnement international, grâce notamment à sa concentration unique de fédérations sportives, d’organisations internationales et non gouvernementales, ce territoire se distingue par un tissu économique et scientifique de haute qualité, avec la présence d’institutions de recherche et d’enseignement supérieur de renom, ainsi que d’entreprises multinationales et d’une myriade de petites et moyennes entreprises innovantes. De ce fait, l’espace métropolitain lémanique transfrontalier connait une très forte croissance économique qui entraîne une importante augmentation de la population.
Assurer un développement urbain équilibré et polycentrique en intensifiant les collaborations
Un développement équilibré des différentes polarités urbaines est privilégié en matière d’habitat, d’emploi, de services, d’équipements, d’espaces publics et de loisirs. La mixité fonctionnelle, sociale et intergénérationnelle est renforcée. La croissance est absorbée par la densification et la requalification des territoires urbanisés existants, notamment dans les agglomérations et les centres urbains, en favorisant la proximité et en valorisant le patrimoine.
L’étalement urbain est maîtrisé. Dans les régions rurales, les bourgs et les cœurs de village sont revitalisés et mis en réseau. Ceux-ci répondent aux besoins essentiels des résidents avec une offre diversifiée de services et d’équipements qui permet de limiter les déplacements.
Les collaborations entre les agglomérations et avec les autres territoires d’action, ainsi qu’avec les territoires transfrontaliers, sont développées et renforcées. La participation de la population, de la société civile et des acteurs locaux dans le développement des projets enrichit l’action publique.
Préserver et développer les milieux naturels et les paysages emblématiques
Partout où cela est possible, la primauté est accordée au socle du vivant, c’est-à-dire aux espaces fondamentaux pour la biodiversité et ses services écosystémiques, ainsi qu’aux connexions entre eux, qui sont rétablies. L’intégrité du réseau hydrographique et la qualité des eaux du Léman, de ses rives et de ses affluents sont préservées par une coordination transfrontalière des acteurs de la gestion intégrée des eaux. L’infrastructure écologique, via les trames vertes, brunes et bleues, est enrichie en limite et au sein des tissus urbains, notamment pour atténuer les effets du changement climatique.
Les paysages emblématiques, notamment en lien avec le Rhône et le Léman, sont préservés et leurs qualités valorisées. Les régions agricoles, qui contribuent à la sécurité et la souveraineté alimentaire, sont préservées de l’étalement urbain. La production d’énergie renouvelable tient compte de la protection de l’environnement et des paysages.
Assurer une offre de logements, de services et d’équipements diversifiée, tout en renforçant l’attractivité économique et en promouvant les principes de circularité
Une offre équilibrée de logements, d’équipements, de commerces et de services suffisante et diversifiée, adaptée aux besoins, est disponible et accessible à toutes les catégories de la population. La qualité des espaces publics et de l’habitat favorise le vivre ensemble et la proximité.
Les principes de circularité et de synergie entre activités économiques et ressources énergétiques sont renforcés. Les réseaux de chauffage à distance sont alimentés par des énergies renouvelables et l’assainissement énergétique des bâtiments est soutenu. Les nouvelles constructions sont conçues de manière à réduire la consommation énergétique et à maximiser la production d’énergie renouvelable.
L’innovation, la mutation et l’implantation des entreprises dans des pôles d’excellence, ainsi que des synergies avec les universités, les hautes écoles spécialisées et l’EPFL sont encouragées, tout en maintenant et stimulant le tissu économique local. Les zones d’activités industrielles et artisanales sont dimensionnées pour répondre aux besoins actuels et futurs. Pour garantir l’attractivité du territoire d’action, la fonctionnalité et l’attrait de l’aéroport international de Genève doivent être assurés à long terme, tout en limitant autant que possible les nuisances qu’il génère.
Développer des systèmes de transport public et de mobilité active performants et redondants
Des systèmes de transport public performants sont développés pour assurer le report modal et pour maîtriser la mobilité, notamment transfrontalière et touristique. Tant l’amélioration de lignes ferroviaires existantes que la création de nouvelles lignes, assurant la redondance du réseau pour les voyageurs et les marchandises, nécessitent d’importants investissements pour améliorer la desserte dans les agglomérations, relier les principaux centres urbains du territoire d’action, ceux des territoires adjacents et de la Suisse entière. Les liaisons ferroviaires internationales sont renforcées et développées notamment pour assurer la connexion sur le plan régional et national au réseau européen à grande vitesse.
L’extension des infrastructures de mobilité active est poursuivie, afin de constituer un tissu cohérent et continu permettant des déplacements sécurisés à toutes les échelles. Le transport lacustre de voyageurs sur le Léman offre des liaisons performantes. Les infrastructures routières sont optimisées pour délester les agglomérations du trafic et requalifier les réseaux routiers locaux en faveur des transports publics, des mobilités actives et des espaces publics. Pour répondre aux besoins d’approvisionnement du territoire, un système de distribution logistique optimisé et décarboné est favorisé.
Région capitale suisse
La Région capitale suisse comprend le canton de Berne ainsi que des parties des cantons de Soleure, Neuchâtel, Fribourg et du Valais. Sa zone élargie s’étend jusqu’au canton de Vaud et à la chaîne du Jura.
Bilingue, la Région capitale suisse, en sa qualité de centre politique et administratif, occupe une position particulière. Région-pont entre les espaces linguistiques, elle apporte une contribution centrale à la cohésion sociale et au fonctionnement de l’État, de la société et de l’économie.
La région accueille les grandes entreprises fédérales ainsi que d’importantes entreprises d’infrastructures et de services, des associations économiques et des groupes d’intérêts. Ce réseau dense offre une occasion unique de développer des projets innovants.
Outre les industries traditionnelles que sont l’horlogerie, la construction mécanique et la microtechnique, les technologies de l’information, de l’aéronautique et de la communication, ainsi que les technologies médicales, environnementales et énergétiques, la biotechnologie et l’industrie pharmaceutique constituent des axes prioritaires.
La Région capitale suisse offre des paysages variés et un réseau de rivières et de lacs. Elle se caractérise par une grande diversité de qualité de vie et de travail en milieu urbain, rural et alpin, et revêt une importance touristique grâce à des destinations de renommée mondiale.
La Région capitale suisse s’appuie sur son rôle de centre de pilotage politique et d’espace économique au centre des espaces métropolitains. Elle vise à développer la performance économique et à promouvoir la qualité de vie de tous les habitants grâce à une coopération interrégionale et intercantonale renforcée.
Renforcer l’économie de la connaissance et les secteurs clés
La Région capitale suisse met en réseau l’économie, la politique, la formation et la recherche et contribue ainsi à la compétitivité de la Suisse en complétant les atouts des autres espaces économiques.
Elle occupe une position de leader dans l’industrie des machines de précision, de l’horlogerie et des technologies médicales. Les entreprises proches de la Confédération et de nombreuses entreprises d’infrastructure y ont leur siège. La médecine de pointe, les technologies de l’information et de la communication, les technologies aéronautiques, environnementales et énergétiques ainsi que la biotechnologie et l’industrie pharmaceutique constituent d’autres axes prioritaires. Le développement de l’énergie hydraulique et solaire assure une production d’énergie durable et fiable.
Une offre de formation exceptionnelle au niveau tertiaire et des institutions de recherche et d’innovation performantes constituent la base du renforcement d’une économie innovante et à forte valeur ajoutée.
La collaboration renforcée entre les hautes écoles et l’hôpital universitaire de l’Île, le développement de l’écosystème d’innovation (p. ex. sitem-insel, CSEM Neuchâtel et Berne, SIP Biel/Bienne, Bluefactory, SCDH Nidau, Energypolis) ou la mise en place des plateformes d’échange Smart Capital Region, Digital Impact Network, Cluster Food & Nutrition sont des exemples établis de la collaboration visée.
Utiliser le centre politique national
Les avantages liés au statut de centre politique et de siège des représentations diplomatiques doivent être encore mieux exploités par les institutions et les associations faîtières. Le centre politique de Berne dispose d’une excellente infrastructure pour les congrès, d’un large choix d’entreprises de conseil et de services et d’offres de formation plurilingues. La Région capitale suisse renforce sa position de centre de compétences pour la formation en management public.
Valoriser la fonction de pont entre les régions linguistiques
La Région capitale suisse revêt une grande importance pour l’identité politique et culturelle et donc pour la cohésion sociale de la Suisse. Tous les cantons et villes bilingues (FR/DE) sont membres de l’association Région capitale suisse. Elle relie la culture et la langue de Romandie et de Suisse alémanique. Elle est la plaque tournante nationale entre les espaces métropolitains sur le plan géographique, économique, politique et des transports. Ces fonctions de pont doivent être valorisées.
Permettre une qualité de vie et d’habitat élevée
La Région capitale suisse encourage des lieux de vie attractifs et abordables (p. ex. les quartiers à énergie positive QEP) bénéficiant de liaisons de transport optimales et d’espaces de loisirs accessibles.
Les espaces urbains et ruraux imbriqués d’un point de vue fonctionnel élaborent ensemble des stratégies territoriales pour le développement de l’habitat, des emplois, des services, des zones de détente et du paysage. Ils coordonnent les infrastructures, notamment en vue de l’adaptation au changement climatique et de la préservation de la biodiversité.
Le développement urbain se concentre en priorité sur les centres urbains afin de préserver les paysages ouverts avec leurs utilisations agricoles et récréatives et de renforcer leur fonction dans le réseau écologique.
Créer les conditions-cadres pour les emplois régionaux
La Région capitale suisse dispose d’espaces et de potentiel pour un développement territorial et économique durable. Elle a identifié 23 sites qui doivent être développés en priorité.
Des conditions-cadres appropriées pour les emplois dans le commerce, le secteur des services et l’industrie sont créées sur des sites bien desservis et adaptés à l’aménagement du territoire. La Région capitale suisse souhaite développer le territoire dédié à l’emploi de manière à offrir une haute qualité de vie aux employés sur leurs lieux de travail.
Plaque tournante nationale des transports
La Région capitale suisse est tributaire de liaisons de transport efficaces tant pour les biens que pour les personnes : au sein de la région, pour l’interconnexion avec les autres espaces et l’intégration dans le réseau de transport international.
La performance du nœud ferroviaire de Berne, d’importance nationale, doit être garantie à long terme. Le raccordement au réseau ferroviaire européen de lignes à grande vitesse (LGV) doit être assuré par des liaisons directes attrayantes.
Les axes importants sont les liaisons est-ouest Suisse orientale – Zurich – Berne – Lausanne/Genève et le long du pied sud du Jura (Olten – Soleure – Granges – Bienne – Neuchâtel – Lausanne/Genève), ainsi que les liaisons nord-sud Allemagne – Bâle – Italie via la ligne du Lötschberg et France/Paris – Berne. Le trafic de loisirs et de tourisme constitue un défi particulier dans le territoire d’action en raison des sollicitations saisonnières des systèmes de transport (surtout entre Berne et l’Oberland bernois ou le Valais).
La Région capitale suisse s’engage en faveur de l’intégration nationale et internationale et soutient des projets prioritaires pour le développement de la région (par exemple la liaison directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, la ligne ferroviaire entre Romont et Fribourg et le tunnel du Lötschberg). Elle développe progressivement un système de RER interrégional et coordonné.
Combiner les qualités urbaines, rurales et alpines
Avec ses villes et ses agglomérations, ses espaces ruraux diversifiés et ses régions alpines, la Région capitale suisse dispose d’une combinaison unique de qualités différentes. Celles-ci créent une identité commune. Elle exploite ces potentiels et atouts paysagers, touristiques et culturels.
Exploiter le potentiel de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire
Les grands espaces ouverts et continus – notamment dans le Seeland, le bas Emmental, la plaine de la Broye ainsi que les vallées de la Gürbe et de l’Aar – abritent les principales zones de production agricole et sylvicole de Suisse. Outre ses bases de production, ce territoire d’action se caractérise également par la présence d’importants transformateurs de produits agricoles et d’exploitations viticoles d’envergure nationale et internationale. Il convient d’exploiter ce potentiel.
Lucerne
Le territoire d’action de Lucerne comprend les cantons de Lucerne, Nidwald, Obwald, Zoug, ainsi que certaines parties des cantons de Schwyz et d’Argovie. Sa zone d’influence s’étend également aux cantons d’Uri et de Berne ainsi qu’en direction de Zurich et du canton d’Argovie.
L’agglomération de Lucerne est située au centre du territoire d’action, au cœur d’un réseau de centres ruraux et de villes petites et moyennes. Elle marque de son empreinte la région et remplit des fonctions importantes pour la Suisse centrale.
Les hautes écoles, la culture, les congrès, les loisirs et le tourisme confèrent à ce territoire d’action un rayonnement national et international. Pôle d’innovation pour la recherche, la technologie et les services, il revêt une importance économique indéniable. Du point de vue paysager, cet espace se caractérise par des étendues lacustres nichées dans un paysage de collines et de montagnes préservé.
Bien desservi par les transports, le territoire d’action est étroitement lié aux espaces métropolitains qui l’entourent et assure une fonction de pont entre les Alpes et le Plateau.
Le territoire d’action de Lucerne doit définir sa position et son développement futur en tenant compte de sa situation particulière : il est à la fois partie intégrante de l’espace métropolitain de Zurich et un espace à part entière, doté d’une identité bien définie. La difficulté consiste à combiner croissance et mobilité avec la protection du paysage, une urbanisation durable et une qualité de vie élevée.
Se profiler comme espace à part entière
Son rayonnement national et international doit beaucoup aux secteurs de la culture, de l’éducation et du tourisme, ainsi qu’à la qualité élevée de l’habitat. Ce sont autant d’atouts à promouvoir et à soutenir. Par ailleurs, le potentiel des industries et des entreprises de services locales doit être davantage exploité et développé. Il convient de renforcer les pôles de développement économique et les zones de travail ainsi que leur disponibilité et leur accessibilité. Il est également important de mettre en relation les acteurs économiques avec les établissements d'enseignement et de recherche de la région de Lucerne et de l'espace métropolitain de Zurich. La collaboration régionale revêt généralement une grande importance.
Valoriser l’espace urbain de Lucerne
Il convient d’instaurer une nouvelle qualité urbaine notamment dans les pôles de développement de Lucerne Nord, de Lucerne Sud et de Lucerne Est. Une offre diversifiée, attractive et interconnectée en matière de culture, d’économie et de logements, doit être développée dans tout l’espace urbain. Il convient de veiller à ce qu’une part suffisante de logements abordables soit disponible et de créer des espaces non construits adaptés au climat. La mise en réseau de ces pôles de développement urbain doit être prioritairement garantie par des infrastructures de transport fonctionnelles, offrant une desserte dense en transports publics (train et bus), ainsi que des liaisons piétonnes et cyclables sûres.
Renforcer les centres ruraux
Les centres situés dans l’espace rural doivent être renforcés dans leurs fonctions pour cet espace. Les services et les pôles économiques locaux doivent y être concentrés. Les fusions de communes contribuent à renforcer l’espace rural et à faciliter la coordination du développement de l’urbanisation et des transports. Les différents espaces ruraux développent des profils distincts qui mettent l’accent sur leurs atouts respectifs dans le tourisme, l’agriculture, les loisirs de proximité et l’énergie, et assument un rôle complémentaire vis-à-vis de l’espace urbain.
Soutenir une urbanisation durable
Les zones urbanisées sont densifiées avec soin et adaptées au changement climatique, en privilégiant des formes d’habitat économes en énergie et en utilisant, dans la mesure du possible, des matériaux de construction à faible émission de gaz à effet de serre ou neutres. Le patrimoine bâti, élément essentiel de l’identité locale, doit être respecté. Les zones d’activités doivent être développées de manière à optimiser l’utilisation de l’espace et dans une optique de qualité.
Promouvoir un développement durable des transports
Il convient de promouvoir systématiquement des formes de mobilité économes en surface et en énergie et de les relier intelligemment entre elles au moyen d’interfaces et d’aires de transbordement multimodales, mais aussi d’outils numériques. Le transfert de la mobilité vers les transports publics doit être encouragé et la priorité accordée aux transports publics routiers. Il faut promouvoir un réseau continu de voies cyclables sûres et de chemins piétonniers bien reliés. La compatibilité de l’infrastructure routière avec les zones habitées, ainsi qu’avec les objectifs climatiques et environnementaux doit être garantie.
Renforcer l’axe Lucerne – Zoug – Zurich et le relier à d’autres territoires
L’agglomération de Lucerne doit être développée en tant que pôle de développement bien desservi et clairement délimité au sein de l’espace métropolitain de Zurich, ainsi qu’en tant que centre de la Suisse centrale. Les infrastructures de transport doivent être coordonnées avec le développement de l’urbanisation afin d’éviter l’étalement urbain et de préserver les qualités paysagères, malgré la croissance démographique et économique ainsi que l’offre supplémentaire de transports. La fonctionnalité de l’axe ferroviaire Berne/Bâle – Sursee – Lucerne – Rotkreuz – Zoug – Zurich/Arth-Goldau – Bellinzone et du nœud ferroviaire de Lucerne doit être améliorée, notamment grâce à un tracé continu, à des augmentations de capacité et à une densification des cadences.
Mettre en place un système RER attractif
Le système RER doit être optimisé dans l’ensemble de la région, en tenant compte des autres modes de transport ferroviaire. La priorité est accordée aux liaisons rapides et fréquentes entre les centres, notamment pour favoriser le transfert du transport individuel motorisé vers les transports publics. Il est également nécessaire de densifier l’offre sur les axes de développement. Afin d’éviter l’aggravation de l’étalement urbain, le développement de l’urbanisation doit se concentrer autour des arrêts existants. L’axe Berne/Bâle – Sursee – Rotkreuz – Zoug – Zurich/Arth – Goldau – Bellinzone est une condition préalable à la mise en place d’un système RER performant.
Garantir la fonctionnalité du réseau routier
La capacité du réseau routier suprarégional doit être assurée, en particulier sur les tronçons Emmen Nord – Buchrain, Buchrain – Rütihof – Blegi et Lucerne Sud – Hergiswil. Les infrastructures de transport local doivent être coordonnées avec le développement urbain.
Concentrer les espaces de loisirs et de détente
Les espaces de loisirs et de détente utilisés de manière intensive doivent être concentrés, limités en superficie et davantage utilisés à des fins multiples afin de préserver d’autres espaces.
Promouvoir les qualités paysagères du lac des Quatre-Cantons et des paysages de collines
Le lac des Quatre-Cantons est une composante identitaire du territoire d’action. Avec les sommets du Titlis, du Pilate et du Rigi, il constitue l’un des principaux atouts touristiques de la Suisse centrale. Ces qualités doivent être préservées et mises en valeur. Les paysages de collines ouvertes, caractéristiques du territoire d’action doivent être entretenus et valorisés. Les travaux menés dans le cadre de la réserve de biosphère de l’UNESCO de l’Entlebuch doivent être poursuivis et étendus aux régions avoisinantes. Le développement de l’urbanisation doit aussi prendre en compte les besoins de la population en matière de loisirs et de détente.
Protéger les paysages lacustres de l’étalement urbain en concentrant l’urbanisation dans certaines zones
Les paysages lacustres entre Zurich, Aarau et Zoug, en particulier ceux qui entourent les lacs de Sempach, de Baldegg et de Hallwil, doivent être protégés de l’étalement urbain. La région doit être préservée en tant que paysage varié à caractère rural, avec des activités agricoles et sylvicoles, et valorisée en tant qu’espace naturel et de détente attractif, notamment en délimitant clairement les pôles de développement le long de l’axe principal Lucerne – Sursee – Zofingue et dans le Seetal. Il convient d’exploiter les synergies avec la protection contre les crues, par exemple en préservant des espaces exempts d’infrastructures et d’habitations suffisamment grands pour les rivières, comme la Reuss et la Suhre, et les ruisseaux, et en les valorisant sur le plan écologique.
Valoriser les grandes zones agricoles et favoriser la biodiversité
Dans les différents types de paysages situés en dehors de la zone à bâtir, il convient d’éviter autant que possible les bâtiments et les installations non conformes à l’affectation de la zone afin de lutter contre l’étalement urbain. Ces régions servent d’une part à une agriculture multifonctionnelle productive et à faibles émissions ; d’autre part, elles doivent être valorisées de manière significative sur le plan écologique afin de promouvoir la biodiversité, notamment grâce à une mise en réseau améliorée des réserves naturelles existantes. Leur caractère de paysage rural sera ainsi renforcé et développé.
Donner la priorité aux énergies renouvelables et les intégrer dans le paysage
L’efficacité énergétique doit être améliorée de manière générale, en mettant l’accent sur une production et une consommation systématiques et économes d’énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire, l’énergie éolienne et l’énergie hydraulique. Lors de l’évaluation des sites potentiels de production d’énergie, les zones déjà construites, desservies ou impactées sont à privilégier par rapport aux paysages intacts. L’aménagement ou la construction de nouvelles lignes à haute tension doit être conçu de manière à s’intégrer dans le paysage et à être compatible avec l’urbanisation.
Garantir une extraction et une mise en décharge des matériaux compatibles
Une économie circulaire bien établie permet de réduire considérablement les déchets. De plus, les zones d’extraction de matériaux et les décharges sont exploitées et aménagées dans le respect du paysage.
Città Ticino
La Città Ticino s’étend des Alpes à l’Italie, en bordant les Grisons, le Valais, Uri, ainsi que la Lombardie et le Piémont. Son territoire se caractérise par des montagnes aux vallées étroites au nord et des collines entrecoupées de lacs au sud. Elle se situe au carrefour des espaces métropolitains de Zurich et de Milan.
Les agglomérations de Locarno, Bellinzone, Lugano et Chiasso-Mendrisio, avec leurs aires d’influence respectives, forment un réseau urbain marqué par des échanges et des relations intenses, notamment grâce au développement important des transports publics. Dans ce réseau, chaque agglomération cultive ses vocations et son identité dans une optique de complémentarité et de renforcement de la cohésion et des équilibres territoriaux au sein de la Città Ticino grâce à la coordination de différentes politiques sectorielles.
La Città Ticino devra accroître son attractivité auprès des habitants, des travailleurs, des entreprises et des visiteurs, en relevant les défis posés par les transitions climatique, énergétique et numérique, qui sont autant d’occasions de poursuivre le développement d’initiatives et de projets dans les domaines universitaire, scientifique, industriel, touristique et énergétique. Elle renforcera ainsi sa position et son identité entre Zurich et Milan.
Les projets d’infrastructure, en particulier l’achèvement et le renforcement des grandes infrastructures le long de l’axe nord-sud, ainsi que la rénovation des centrales hydroélectriques et des lignes à haute tension, doivent être considérés comme une occasion d’améliorer et de mettre en valeur les qualités territoriales et paysagères de la Città Ticino.
Renforcer le positionnement dans le contexte national et transfrontalier
Il convient d’intensifier la collaboration et le développement de projets dans les domaines de l’économie, de la formation, de la culture, des transports, de l’environnement et dans le secteur social, en collaboration avec la Confédération, les cantons et les villes suisses, ainsi qu’avec la zone transfrontalière, en particulier la métropole milanaise.
La Città Ticino doit davantage se profiler comme un territoire d’opportunités en matière de logement, d’emploi, de formation et de tourisme. Il faut donc encourager une offre résidentielle adaptée à tous les groupes sociaux et démographiques, acquérir une plus grande visibilité sur les marchés internationaux grâce à la collaboration avec l’agence Greater Zurich Area et poursuivre le développement du Switzerland Innovation Park Ticino et de ses centres de compétences (sciences de la vie, mécanique, électronique et technologies des matériaux), afin de promouvoir des synergies entre l’économie et les établissements universitaires, de créer des projets de recherche et de développement, d’attirer des activités de pointe et de générer des emplois intéressants. Il faut également poursuivre le développement des réseaux de mobilité (transport individuel, public, cycliste et piéton) et des réseaux numériques intégrés et efficaces, ainsi que promouvoir un tourisme durable et quatre saisons.
Coordonner les politiques sectorielles pour une répartition équilibrée des infrastructures, des services et des activités
La coordination des différentes politiques sectorielles garantira l’implantation des infrastructures, des services et des activités aux endroits les plus appropriés en tenant compte de l’accessibilité, des vocations et du potentiel des quatre agglomérations et de leurs aires d’influence, ainsi que des espaces fonctionnels (centre, suburbain, périurbain, arrière-pays et montagne). La réforme des communes, les projets d’agglomération et la politique de développement économique contribuent notamment à atteindre cet objectif.
Développer l’infrastructure écologique pour garantir la qualité de vie
La politique de mise en réseau des aires de protection de la faune et de la flore ainsi que des parcs naturels – des montagnes jusqu’en plaine, des espaces agricoles aux espaces anthropisés, des agglomérations urbaines aux zones rurales –, permettra de favoriser la biodiversité, de créer une infrastructure écologique qu’il faut respecter et coordonner avec le développement de l’urbanisation, des infrastructures de mobilité et d’approvisionnement. Cette coordination vise à préserver et à améliorer la qualité de vie des personnes qui habitent la Città Ticino, s’y forment, y travaillent ou la visitent.
Entretenir et valoriser les paysages
Les paysages de la Città Ticino sont variés et témoignent de la relation historique entre l’humain et la nature : les montagnes avec leurs alpages, leurs mayens et leurs « rustici », les collines avec leurs vignobles et leurs centres historiques, les vallées étroites avec leurs zones agricoles, leurs cours d’eau et leurs lacs, ainsi que les villes avec leurs vestiges architecturaux et urbains. La Conception paysage du Tessin identifie des stratégies et des actions pour les valoriser, tout en intégrant les politiques de protection des biens culturels, de soutien aux projets locaux et régionaux liés au paysage ainsi qu’au développement de l’agriculture, qui constitue également un secteur économique.
Valoriser les sources d’énergie renouvelable indigènes et renforcer la résilience au changement climatique
Le plan énergétique et climatique cantonal de la Città Ticino identifie les actions en faveur de la transition énergétique des sources fossiles vers les sources renouvelables et de l’adaptation au changement climatique. Les priorités sont les suivantes : optimiser les grandes installations hydroélectriques existantes, en particulier les barrages du Sambuco et de la Verzasca, étendre le parc éolien du Saint-Gothard, mettre en place des mesures incitatives pour favoriser l’efficacité énergétique, les économies et la production d’énergie en milieu bâti, protéger les installations et les infrastructures contre les risques naturels et adopter une approche systémique et interdisciplinaire de la gestion du changement climatique.
Achever AlpTransit
L’achèvement d’AlpTransit et des liaisons vers l’Europe du Nord permettra de poursuivre le transfert des marchandises de la route au rail, sans compromettre les capacités de transport de passagers. Cela permettra d’améliorer la situation environnementale des centres d’agglomérations, des zones suburbaines et périurbaines, et ouvrira de nouvelles possibilités de développement de l’offre de transports publics.
Assurer la mobilité interne et améliorer les connexions avec l’extérieur
Le bon fonctionnement de la mobilité des personnes et des marchandises à l’intérieur de la Città Ticino doit être assuré par des infrastructures complémentaires, adaptées au type de demande et au contexte territorial, environnemental et fonctionnel des différents espaces géographiques. Outre le soutien aux transports publics et à la mobilité cycliste et piétonne, il convient d’étudier de nouvelles formes de mobilité (à la demande, partagée et automatisée) et de rechercher des solutions pour décaler les horaires de demande de transport et désengorger les axes routiers et ferroviaires aux heures de pointe. Les infrastructures nécessaires pour garantir des liaisons nationales et internationales toutes les 30 minutes vers Zurich, Lucerne et jusqu’à Bâle, toutes les 15 minutes à l’intérieur de la Città Ticino et entre 15 et 30 minutes vers la Lombardie et le Piémont, permettront d’améliorer la connexion avec la zone frontalière et le reste de la Suisse.
L’Arc jurassien, caractérisé par une structure urbaine et économique décentralisée, comprend les cantons du Jura et de Neuchâtel, le Jura bernois, le Jura vaudois et le Pied du Jura. Sa sphère d'influence s’étend jusqu’aux cantons de Bâle-Campagne et de Soleure, ainsi qu’à la région frontalière française. L’Arc jurassien se distingue par un secteur économique dynamique qui contribue fortement à la richesse du pays. Il est composé d’entreprises de renommée mondiale actives dans l’industrie de précision (horlogerie, microtechnique, électronique, métallurgie), orientées vers l’exportation. Avec son urbanisation polycentrique, l’Arc jurassien dispose de nombreux atouts, dont la richesse de son patrimoine historique et paysager, la présence de plusieurs parcs naturels régionaux, ou encore une pression foncière moindre que dans les métropoles avoisinantes.
Pour son développement harmonieux et coordonné, l’Arc jurassien dépend d’une bonne collaboration aux échelles intercantonale et transfrontalière. En termes de mobilité, une amélioration des liaisons de transport en son sein et avec les espaces avoisinants, en Suisse comme à l’international, est nécessaire. La vitalité de son économie et les complémentarités entre offres de formation doivent être encouragées afin de soutenir le secteur industriel, de développer et renforcer d’autres secteurs économiques, tels que les services ou le tourisme.
L’attractivité économique et résidentielle de l’Arc jurassien dépend de conditions optimales en matière d’aménagement du territoire. Pour répondre à la fois au besoin de main-d’œuvre de l’économie régionale et à la pénurie de logements dans les agglomérations des régions voisines, les centralités urbaines de l’Arc jurassien doivent s’affirmer comme des lieux de vie et d’habitat. Cela suppose un développement compact et de qualité, avec une offre de logements attractifs, ainsi qu‘une bonne desserte en transports publics. De plus, l’individualisation des modes de vie et le vieillissement de la population impliquent le maintien d’un niveau de services adapté.
Les synergies entre les instituts de recherche et de formation et les acteurs économiques doivent être encouragées. Cela inclut le réseau des hautes écoles situées de part et d’autre de la frontière franco-suisse, ainsi que les coopérations avec les territoires d’action voisins. Afin de conserver l’excellence de l’Arc jurassien dans les domaines de l’horlogerie et de la microtechnique, les offres de formation proposées dans ces secteurs doivent être maintenues dans la région et être renforcées. Par ailleurs, afin d’accompagner la diversification du tissu économique, le développement d’autres filières de formation doit être encouragé.
La desserte en transports publics doit être améliorée, tant entre les villes de l’Arc jurassien qu’avec les espaces métropolitains et les centres urbains de Suisse et de France. Les connexions via la ligne du Pied-du-Jura, tout comme les projets favorisant un meilleur raccordement régional, sont indispensables en termes d’attractivité résidentielle et économique, ainsi que le transfert modal.
Les liaisons internationales, de même que les liaisons ferroviaires nationales via la ligne du Pied-du-Jura, sont à renforcer, tout comme les connexions internes à l’Arc jurassien, notamment entre lesvilles, et en particulier entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds ainsi qu’entre Delémont et La Chaux-de-Fonds. Ces liaisons de transports publics doivent être développées en complémentarité à un réseau routier et autoroutier efficace ; elles prendront également en compte les aéroports et aérodromes régionaux, précieux pour le tourisme d’affaires.
Les démarches visant à promouvoir de manière commune la région Jura & Trois-Lacs comme destination d’un tourisme durable respectueux de son patrimoine naturel et paysager sont à soutenir et à valoriser. S’appuyant sur un tourisme individuel existant (agritourisme, œnotourisme, tourisme de randonnée, culturel et d’affaires), le développement touristique régional passe par un allongement des durées de séjour ainsi qu’un renforcement de l’offre hôtelière et des capacités d’accueil. Les paysages caractéristiques de l’Arc jurassien, tels que les crêtes du Jura, les lacs ou les vallées, constituent un vecteur d’attractivité important pour le tourisme durable. Par ailleurs, les parcs naturels régionaux de l’ensemble de l’Arc jurassien gagneraient à être mis en réseau.
Outre leur fonction productrice, l’agriculture et la sylviculture remplissent un rôle déterminant pour l’entretien du paysage. Les pâturages boisés constituent un élément paysager caractéristique de l’Arc jurassien qui doit être conservé et encouragé dans sa diversité, non seulement à des fins agricoles et sylvicoles, mais aussi touristiques et de loisirs, ainsi que de promotion de la biodiversité. Un développement mesuré et maîtrisé de l’urbanisation est nécessaire afin de garantir les multiples rôles des zones agricoles et sylvicoles.
Il y a lieu d’exploiter les ressources énergétiques renouvelables dans les sites qui s’y prêtent. La planification de nouvelles infrastructures doit tenir compte de la protection du paysage, du patrimoine et de la biodiversité. Il s’agit en outre de prendre en compte la disponibilité des ressources naturelles, les projets énergétiques devant par exemple veiller à maintenir une qualité et un niveau d’eau potable suffisants.
Les collaborations intercantonales et transfrontalières doivent être renforcées afin de défendre et promouvoir les intérêts de l’Arc jurassien, que ce soit dans les domaines des transports, de la formation, de l’économie, du tourisme ou de l’environnement. Les organismes intercantonaux et transfrontaliers jouent, à cet égard, un rôle déterminant. À l’échelle intercantonale, la « Vision stratégique pour l’Arc jurassien 2040 » sert de point d’appui aux collaborations, dans une logique de complémentarité entre acteurs et entre régions.
Arc jurassien
L’Arc jurassien, caractérisé par une structure urbaine et économique décentralisée, comprend les cantons du Jura et de Neuchâtel, le Jura bernois, le Jura vaudois et le Pied du Jura. Sa sphère d’influence s’étend jusqu’aux cantons de Bâle-Campagne et de Soleure, ainsi qu’à la région frontalière française. L’Arc jurassien se distingue par un secteur économique dynamique qui contribue fortement à la richesse du pays. Il est composé d’entreprises de renommée mondiale actives dans l’industrie de précision (horlogerie, microtechnique, électronique, métallurgie), orientées vers l’exportation. Avec son urbanisation polycentrique, l’Arc jurassien dispose de nombreux atouts, dont la richesse de son patrimoine historique et paysager, la présence de plusieurs parcs naturels régionaux, ou encore une pression foncière moindre que dans les métropoles avoisinantes.
Pour son développement harmonieux et coordonné, l’Arc jurassien dépend d’une bonne collaboration aux échelles intercantonale et transfrontalière. En termes de mobilité, une amélioration des liaisons de transport en son sein et avec les espaces avoisinants, en Suisse comme à l’international, est nécessaire. La vitalité de son économie et les complémentarités entre offres de formation doivent être encouragées afin de soutenir le secteur industriel, de développer et renforcer d’autres secteurs économiques, tels que les services ou le tourisme.
Favoriser l’attractivité résidentielle et une offre en services publics adaptée
L’attractivité économique et résidentielle de l’Arc jurassien dépend de conditions optimales en matière d’aménagement du territoire. Pour répondre à la fois au besoin de main-d’œuvre de l’économie régionale et à la pénurie de logements dans les agglomérations des régions voisines, les centralités urbaines de l’Arc jurassien doivent s’affirmer comme des lieux de vie et d’habitat. Cela suppose un développement compact et de qualité, avec une offre de logements attractifs, ainsi qu‘une bonne desserte en transports publics. De plus, l’individualisation des modes de vie et le vieillissement de la population impliquent le maintien d’un niveau de services adapté.
Maintenir les conditions-cadres de l’industrie de précision et favoriser la diversité du tissu économique
Les synergies entre les instituts de recherche et de formation et les acteurs économiques doivent être encouragées. Cela inclut le réseau des hautes écoles situées de part et d’autre de la frontière franco-suisse, ainsi que les coopérations avec les territoires d’action voisins. Afin de conserver l’excellence de l’Arc jurassien dans les domaines de l’horlogerie et de la microtechnique, les offres de formation proposées dans ces secteurs doivent être maintenues dans la région et être renforcées. Par ailleurs, afin d’accompagner la diversification du tissu économique, le développement d’autres filières de formation doit être encouragé.
Améliorer les liaisons de transport ferroviaires internes et externes
La desserte en transports publics doit être améliorée, tant entre les villes de l’Arc jurassien qu’avec les espaces métropolitains et les centres urbains de Suisse et de France. Les connexions via la ligne du Pied-du-Jura, tout comme les projets favorisant un meilleur raccordement régional, sont indispensables en termes d’attractivité résidentielle et économique, ainsi que le transfert modal. Les liaisons internationales, de même que les liaisons ferroviaires nationales via la ligne du Pied-du-Jura, sont à renforcer, tout comme les connexions internes à l’Arc jurassien, notamment entre lesvilles, et en particulier entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds ainsi qu’entre Delémont et La Chaux-de-Fonds. Ces liaisons de transports publics doivent être développées en complémentarité à un réseau routier et autoroutier efficace ; elles prendront également en compte les aéroports régionaux, précieux pour le tourisme d’affaires.
Développer Jura & Trois-Lacs en sa qualité de destination touristique
Les démarches visant à promouvoir de manière commune la région Jura & Trois-Lacs comme destination d’un tourisme durable respectueux de son patrimoine naturel et paysager sont à soutenir et à valoriser. S’appuyant sur un tourisme individuel existant (agritourisme, œnotourisme, tourisme de randonnée, culturel et d’affaires), le développement touristique régional passe par un allongement des durées de séjour ainsi qu’un renforcement de l’offre hôtelière et des capacités d’accueil. Les paysages caractéristiques de l’Arc jurassien, tels que les crêtes du Jura, les lacs ou les vallées, constituent un vecteur d’attractivité important pour le tourisme durable. Par ailleurs, les parcs naturels régionaux de l’ensemble de l’Arc jurassien gagneraient à être mis en réseau.
Miser sur l’agriculture et la sylviculture pour l’entretien du paysage
Outre leur fonction productrice, l’agriculture et la sylviculture remplissent un rôle déterminant pour l’entretien du paysage. Les pâturages boisés constituent un élément paysager caractéristique de l’Arc jurassien qui doit être conservé et encouragé dans sa diversité, non seulement à des fins agricoles et sylvicoles, mais aussi touristiques et de loisirs, ainsi que de promotion de la biodiversité. Un développement mesuré et maîtrisé de l’urbanisation est nécessaire afin de garantir les multiples rôles des zones agricoles et sylvicoles.
Concilier production d’énergie renouvelable, ressources disponibles et qualité paysagère
Il y a lieu d’exploiter les ressources énergétiques renouvelables dans les sites qui s’y prêtent. La planification de nouvelles infrastructures doit tenir compte de la protection du paysage, du patrimoine et de la biodiversité. Il s’agit en outre de prendre en compte la disponibilité des ressources naturelles, les projets énergétiques devant par exemple veiller à maintenir une qualité et un niveau d’eau potable suffisants.
Consolider les collaborations intercantonales et transfrontalières
Les collaborations intercantonales et transfrontalières doivent être renforcées afin de défendre et promouvoir les intérêts de l’Arc jurassien, que ce soit dans les domaines des transports, de la formation, de l’économie, du tourisme ou de l’environnement. Les organismes intercantonaux et transfrontaliers jouent, à cet égard, un rôle déterminant. À l’échelle intercantonale, la « Vision stratégique pour l’Arc jurassien 2040 » sert de point d’appui aux collaborations, dans une logique de complémentarité entre acteurs et entre régions.
Aareland
L’Aareland s’étend d’Oensingen, au pied sud du Jura et le long de l’Aar, jusqu’à l’ouest du canton d’Argovie et à la basse vallée de la Wigger. Il englobe ainsi des régions des cantons d’Argovie, de Soleure et de Lucerne. Les villes d’Aarau, d’Olten et de Zofingue en sont le cœur.
L’Aareland est un espace de vie et économique diversifié, situé entre les grandes agglomérations urbaines de Zurich, Bâle, Berne et du territoire d’action de Lucerne. Il se distingue par une forte dynamique démographique, notamment dans les zones urbaines proches des centres et dans les corridors des agglomérations.
Le paysage se caractérise par la coexistence à petite échelle de structures urbaines et villageoises, ainsi que par la présence des cours d’eau de l’Aar, de la Suhre, de la Wigger et de la Dünnern, et de la chaîne du Jura.
L’Aareland est le point de rencontre des axes est-ouest et nord-sud du réseau de transport national. Cette situation géographique favorable caractérise le territoire d’action et constitue un facteur important pour le développement économique.
Compte tenu de la forte dynamique démographique, de la pression urbaine qui en résulte et du volume élevé du trafic, la préservation et l’aménagement de milieux urbains et de paysages de grande qualité constituent un défi majeur.
L’Aareland doit également conserver son caractère indépendant de territoire à cheval sur trois cantons, sans frontières, situé entre les grandes régions suisses.
Collaboration au sein de l’association AareLand
Les cantons et régions représentés au sein de l’association AareLand poursuivent leur collaboration dans les domaines de l’aménagement du territoire et de la mobilité par le biais des projets d’agglomération. De plus, la collaboration supracantonale et intercantonale doit évoluer vers une collaboration à l’échelle régionale englobant d’autres thèmes relatifs à l’espace de vie et l’espace économique, en plus de l’aménagement du territoire et de la mobilité. L’Aareland s'établit ainsi comme un espace sans frontières et garantit l’implication des communes au niveau approprié.
Collaboration avec les territoires d’action voisins
Le territoire d’action de l’Aareland est situé entre les grandes agglomérations urbaines de Bâle, Zurich et Berne ainsi que le territoire d’action de Lucerne. La collaboration avec ses voisins revêt donc une importance capitale. L’Aareland constitue également un maillon essentiel vers et entre les espaces métropolitains et est d’une importance centrale pour l’approvisionnement du Plateau.
La coopération intensive entre les institutions de formation et de recherche et l’économie dans l’Aareland et dans les espaces métropolitaines voisins favorise l’innovation. Cela permet de développer davantage le savoir-faire dans les secteurs des services et des hautes technologies.
Aménagement du territoire coordonné et transfrontalier
Grâce à un aménagement du territoire coordonné, les cantons et les régions veillent à ce que le développement urbain et démographique dans l’Aareland se concentre sur les centres des agglomérations. Le développement coordonné des corridors d’agglomération qui relient les centres urbains au-delà des frontières cantonales joue ici un rôle essentiel. Il permet de créer des structures urbaines efficaces et de préserver la coexistence attrayante et à petite échelle entre le paysage, les villes de petite et moyenne taille et les villages.
Importance nationale pour l’approvisionnement du Plateau
Carrefour des grands axes de transport de la Suisse, l’Aareland joue un rôle crucial dans l’approvisionnement du Plateau suisse en biens d’importance nationale. Pour que cette fonction puisse être remplie de manière durable, il convient, d’une part, de garantir et de développer des sites appropriés pour le secteur de la logistique et de la distribution, directement reliés au réseau routier suprarégional et au rail, de manière à éviter tout impact négatif sur les zones d’habitation et les centres urbains. D’autre part, il est essentiel de garantir l’accessibilité de l’Aareland en veillant à ce que tous les acteurs concernés maintiennent et développent conjointement les infrastructures de transport suprarégionales nécessaires.
Diversité des milieux naturels et des paysages
Les paysages fluviaux riches en espèces de l’Aar, de la Wigger et de la Dünnern, qui caractérisent l’Aareland, servent à la fois à la mise en réseau écologique et à la détente. Afin de minimiser les conflits potentiels entre les personnes en quête de détente et la protection de la nature, il convient de définir des zones prioritaires pour ces deux fonctions. Il s’agit de soustraire les zones prioritaires pour la nature à la pression croissante des activités de loisirs et de les valoriser. Dans les zones prioritaires dédiées aux loisirs, le paysage fluvial doit être valorisé. Il convient de l’aménager en conséquence et de le rendre accessible à pied et à vélo. La mise en œuvre des « parcs d’agglomération » et la valorisation des versants sud du Jura jouent un rôle capital dans le développement des espaces non construits en milieu suburbain.
Dans les paysages agricoles, l’agriculture productive adaptée au site doit rester importante dans l'Aareland. Ces paysages doivent être protégés de l’urbanisation et valorisés en tant que paysages cultivés variés. Alors que les versants du Jura et les régions vallonnées de l’Aareland se prêtent à des formes d’exploitation plus extensive, les paysages agricoles ouverts et étendus sont plus prédestinés à de nouvelles formes de production agricole intensive.
Dans les paysages urbanisés de l’Aareland, des espaces non construits doivent être préservés et mis en réseau. Ils contribuent à la qualité de vie dans les centres urbains de plus en plus denses de l’Aareland, renforcent leur identité propre et constituent des éléments importants pour l’adaptation au changement climatique dans les zones urbanisées soumises à des températures élevées. Ils doivent donc être planifiés et aménagés en conséquence.
Renforcer l’identification et le sentiment d’appartenance à l’Aareland
Avec une planification associant les différents cantons et régions, le sentiment d’appartenance de la population à cet espace fonctionnel commun est l’autre facteur essentiel pour trouver des solutions viables et durables aux défis auxquels est confronté ce territoire d’action. Afin de renforcer la sensibilisation et l’identification de la population à l’Aareland, les activités de l’association AareLand sont communiquées au public, et des sites propices à l’identification et à l’adhésion, tels que les forteresses, les vieilles villes, les points de vue, les rives, les canaux, les forêts, les terrains communaux, etc., seront mis en valeur et ouverts au public.
Région internationale du lac de Constance
La région internationale du lac de Constance comprend les cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures et Intérieures, la majeure partie du canton de Saint-Gall et des parties du canton de Thurgovie, ainsi que les régions frontalières voisines. Le lac de Constance est l’élément fédérateur qui forge l’identité de la région.
La région se caractérise par une structure polycentrique du milieu bâti, avec des agglomérations de taille petite et moyenne, dont les centres se trouvent parfois au-delà des frontières nationales.
Elle est reliée aux villes environnantes et aux grandes régions métropolitaines européennes, en particulier à l’espace métropolitain de Zurich. Les flux pendulaires transfrontaliers sont importants, et requièrent une offre de transports conséquente.
La région internationale du lac de Constance se caractérise par une diversité de qualités paysagères et culturelles qui renforce l’identité et constitue une importante zone de détente de proximité. Elle dispose d’un réseau transfrontalier de connaissances et de formation en constante évolution.
Avec son industrie forte et innovante et ses entreprises axées sur l’exportation, en particulier dans le domaine des hautes technologies, elle contribue également de manière significative à la place économique suisse et à sa compétitivité.
Les défis à relever dans la région internationale du lac de Constance consistent à renforcer la coopération, le positionnement commun et le développement, à garantir des liaisons de transport optimisées au sein du territoire d’action et vers l’extérieur, à orienter la croissance démographique vers les centres et à développer les qualités paysagères et naturelles.
Renforcer les centres
Le rôle de Saint-Gall et de Constance-Kreuzlingen doit être renforcé en tant que principaux pôles économiques et de formation à rayonnement international et en tant que centres culturels. Les autres centres régionaux et locaux doivent également être développés de manière intégrative et durable.
Positionner les agglomérations et les villes
Les villes et les agglomérations identifient leurs atouts et leurs potentiels respectifs, intensifient les coopérations thématiques et recherchent une répartition accrue des fonctions. Cela leur permet de fournir des services efficaces et d’offrir d’excellentes infrastructures. Elles absorbent la croissance démographique grâce à une densification ciblée.
Promouvoir la collaboration transfrontalière
La coopération transfrontalière permet de mieux exploiter le potentiel de la région et de relever les défis communs. Les différents niveaux de l’État et les autres acteurs concernés (cantons, villes, communes, régions, districts, pays voisins, organisations thématiques) collaborent à cet effet. Un service de coordination au niveau cantonal fait le lien entre ces acteurs, les implique de manière précoce et adaptée et se concentre sur les thèmes pertinents pour la région. Dans la mesure du possible, le travail de planification et la mise en œuvre des projets s’effectuent dans le cadre de structures existantes.
Mise en réseau du pôle transfrontalier de formation et de recherche
Le processus de coopération transfrontalière lancé dans le domaine des hautes écoles sera poursuivi et développé dans le domaine de la formation professionnelle. Parallèlement, il convient de renforcer la coopération avec le pôle de recherche et de formation de l’espace métropolitain de Zurich et de viser une mise en réseau plus étroite entre les hautes écoles et les entreprises.
Renforcement de la région polycentrique avec sa qualité de vie élevée (y compris dans les espaces naturels)
Il convient de renforcer l’équilibre entre urbanité et espace naturel et de valoriser le cadre de vie attractif qui en résulte. Il faut notamment prendre en compte l’adaptation au changement climatique, la biodiversité et le développement sociospatial.
Utiliser les espaces alpins et préalpins de manière responsable
Les espaces ruraux préalpins et alpins doivent être préservés avec leurs multiples fonctions. Une gestion responsable s’impose pour ces paysages cultivés marqués par l’agriculture et la sylviculture. Il convient notamment d’exploiter les atouts des centres ruraux pour l’habitat, l’entrepreneuriat en réseau et le tourisme.
Valoriser les paysages de lacs et de rivières
La qualité de la région du lac de Constance, en tant que paysage lacustre et riverain créateur d'identité, doit être améliorée. De même, les paysages fluviaux, tels que le Rhin et la Thur, doivent être valorisés et mis en réseau en tant que zones de détente de proximité et d’espaces proches de l’état naturel.
Préserver et mettre en réseau les paysages agricoles
Les grandes surfaces agricoles contiguës doivent être protégées contre l’étalement urbain en tant que zones prioritaires pour l’agriculture tout en étant reliées entre elles sur le plan écologique. Dans les zones de collines préalpines également, l’agriculture multifonctionnelle doit être préservée pour la production alimentaire et l’entretien des terres cultivées.
Améliorer les liaisons de transport
Tous les acteurs veillent ensemble à optimiser les liaisons de transport. La région doit être mieux reliée au réseau national et européen, ainsi qu’au réseau international via l’aéroport de Zurich-Kloten. L’aménagement des lignes ferroviaires et la densification de l’offre via Bregenz vers Munich et via Constance vers Stuttgart permettront de mieux relier le territoire d’action aux métropoles européennes.
Développer le réseau RER transfrontalier
Il convient de développer le réseau RER transfrontalier et de combler les lacunes. Les obstacles au transfert vers les transports publics doivent être surmontés, qu’il s’agisse de l’accessibilité ou de la suppression des structures tarifaires hétérogènes.
Garantir le bon fonctionnement du réseau routier
La capacité des réseaux routiers suprarégionaux doit être garantie, en particulier sur les liaisons vers l’étranger. Le réseau des routes nationales doit être aménagé en fonction des besoins. Le développement de l’urbanisation et les infrastructures de transport urbain doivent être coordonnés.
Développement du pôle économique, en particulier dans le domaine des hautes technologies, et renforcement de son rayonnement
Les potentiels existants dans le secteur hautement innovant de la production seront encore développés et mis en évidence. Le transfert de connaissances entre la recherche appliquée et l’économie doit être renforcé.
Approvisionnement en énergie
Outre les efforts visant à optimiser la consommation d’énergie, l’utilisation de sources de chaleur renouvelables et le développement de l’énergie hydraulique, éolienne et solaire contribuent à un approvisionnement énergétique plus autonome et décentralisé. À cet égard, il convient de tenir dûment compte des qualités du paysage et de la nature.
Gothard
Grâce à sa situation au carrefour de l’une des principales transversales alpines nord-sud de la Suisse et de l’axe reliant la vallée du Rhin antérieur à la vallée du Rhône, la région du Gothard revêt une grande importance pour l’Europe et jouit d’un rayonnement considérable. La Reuss, l’Aar, le Rhône, le Tessin, le Rhin et la Linth y prennent leur source, ce qui en fait le château d’eau de la Suisse. Ses principaux points d’accès sont Arth-Goldau, Altdorf, Interlaken, Brigue-Viège, Bellinzone, Ilanz et Coire. Ces villes ne se trouvent toutefois pas au centre, mais à la périphérie de la région. La vallée de la Reuss uranaise, les grandes vallées tessinoises, la vallée du Rhône et la Surselva sont fortement influencées par les infrastructures de transport et d’énergie que la région du Gothard met à la disposition de la Suisse et de l’Europe. Sur les plans économique et culturel, cette région est étroitement liée aux territoires d’action et aux agglomérations voisines, de Zurich, Lucerne et Berne jusqu’au Tessin et à Milan, ainsi qu’aux Alpes orientales et occidentales.
Outre les zones situées le long des axes de transit, la région du Gothard comprend une multitude d’autres vallées aux caractéristiques et identités différentes dans les cantons de Berne (Oberland), Nidwald, Obwald, Uri, Glaris, Grisons, Tessin et Valais. Il s'agit d’un espace de vie, culturel et économique à part entière, doté d’un réseau interne de centres qui assurent l’approvisionnement de base dans les vallées et dans l’ensemble de la région. La densité des infrastructures de liaison alpines entre les sous-régions est élevée. Aujourd’hui, la région est marquée par une dynamique et un changement structurel, avec de nouvelles perspectives de développement dans les centres et dans le secteur du tourisme après la mise en service de la NLFA. Les vallées latérales restent néanmoins touchées par l’exode des jeunes et le vieillissement de la population.
Avec les vallées, les paysages montagneux uniques caractérisent la région du Gothard. Malgré la taille de la région, l’exploitation touristique intensive se concentre sur quelques régions. Elle revêt une importance croissante pour la région.
Améliorer la mise en réseau et les liaisons avec les espaces économiques et les territoires métropolitains environnants
En raison des multiples relations et interdépendances entre la région du Gothard et les territoires d’action, espaces économiques et métropolitains environnants, il est essentiel de renforcer les liaisons, en particulier dans les transports publics, mais aussi sur les routes. Cela vaut aussi bien pour les points d’accès situés à la périphérie de la région du Gothard que pour les liaisons directes depuis l’intérieur de celle-ci. Les infrastructures ferroviaires de transit doivent permettre d’améliorer la desserte de la région. La ligne de faîte du Gothard joue ici un rôle central. Sa fonctionnalité doit être préservée et améliorée.
Minimiser les effets du changement climatique
Les infrastructures stratégiques importantes, les zones et installations destinées à l’habitat, au travail, aux loisirs et au tourisme sont protégées contre les dangers naturels par des ouvrages de protection et un aménagement du territoire prévoyant. Leur habitabilité et leur utilisation doivent être garanties. Il convient de renforcer l’infrastructure écologique et de préserver, voire d’améliorer la fonctionnalité des espaces naturels.
Renforcer les pôles économiques, garantir les emplois régionaux et créer des conditions-cadres favorables à leur développement
La Levantine et la vallée de la Reuss uranaise, le Haut-Valais et la vallée du Rhin antérieur jusqu’à Coire, mais aussi la vallée de la Sarnera, le fond de la vallée autour de Stans, le bassin de Schwyz et la vallée de la Linth doivent être renforcés en tant que pôles économiques diversifiés. Ils jouent un rôle très important pour l’approvisionnement et l’emploi.
Dans les centres, il convient de créer des conditions-cadres favorables aux entreprises et aux emplois dans l’artisanat, les services et l’industrie en tenant compte de leur importance et de leur zone de chalandise. Il faut exploiter les possibilités de décentralisation et de diversification des activités économiques et également renforcer et créer des offres éducatives et culturelles.
Développer des concepts d’approvisionnement à petite échelle
L’approvisionnement de base et les services publics doivent être assurés dans les différentes régions, y compris dans les vallées périphériques. À partir des centres régionaux, il convient de mettre en place et de développer un approvisionnement à petite échelle et flexible.
Renforcer les zones touristiques et préserver les espaces naturels
Les centres touristiques doivent s’adapter à l’évolution des besoins du public. Il convient de préserver l’équilibre entre les zones à forte ou faible fréquentation touristique d’une part, et les espaces naturels préservés d’autre part. Afin de promouvoir le tourisme toute l’année, il faut mettre en valeur les atouts régionaux dans les domaines de la nature et de la culture. L’accent est mis sur la capacité de la région du Gothard à devenir une destination sportive suprarégionale et polyvalente, offrant des expériences ferroviaires uniques.
La nature, le paysage et l’exploitation touristique sont étroitement liés. Les activités touristiques doivent être orientées vers les régions qui s’y prêtent. La priorité est accordée à une croissance qualitative, avec des séjours plus longs et une valeur ajoutée régionale plus élevée. Il convient de garantir une accessibilité adéquate des centres touristiques. Il faut également développer les liens avec les régions touristiques environnantes, telles que le lac des Quatre-Cantons, Lucerne ou Locarno.
Dans les vallées périphériques, on privilégiera un tourisme à petite échelle, avec la possibilité de séjourner dans les centres des localités ou dans les « rustici » tessinois. L’équilibre entre paysage, tourisme et économie sera la clé du bon fonctionnement de ces régions. Une utilisation judicieuse des éléments qui structurent le paysage doit être possible.
Créer des logements abordables
De manière générale, il existe une pénurie de logements abordables. Dans les centres touristiques, cette pénurie est particulièrement marquée pour la population locale. Il convient de développer des stratégies adaptées aux spécificités locales pour résoudre ce problème. Des modèles innovants doivent également être mis en œuvre à cet effet.
Protéger les paysages de haute montagne, exploiter les énergies renouvelables dans des sites appropriés
Les paysages naturels de haute montagne nécessitent une protection accrue. Le choix des zones adaptées à l’installation d’infrastructures de production et de stockage d’énergie à grande échelle (hydroélectricité, énergie éolienne ou photovoltaïque) doit être effectué avec le plus grand soin, en prenant en compte tous les intérêts concernés.
Outre le développement de la production d’électricité en hiver, il existe un potentiel supplémentaire dans le regroupement des infrastructures et des installations existantes afin d’optimiser leur utilisation.
Renforcer et gérer l’agriculture et la sylviculture, transmettre et valoriser le patrimoine culturel avec discernement
Pour préserver les paysages alpins tout en améliorant leur valorisation économique, il convient de développer un tourisme en lien avec la nature et la culture, ainsi que la production de produits régionaux. Cette démarche doit se faire en étroite collaboration avec l’agriculture et la sylviculture, qui veillent à l’entretien et à la préservation de la qualité des paysages ainsi qu’au renforcement de la biodiversité. Le patrimoine culturel, en particulier les bâtiments caractéristiques et les voies de communication historiques avec leur environnement paysager, doit être valorisé et développé afin de soutenir le développement économique à long terme et de forger l’identité.
Développer les coopérations intercantonales
Afin de renforcer la fonctionnalité et le rayonnement, et d’utiliser les ressources de manière optimale, il convient de développer les approches existantes de coopération intercantonale. Des projets tels que la mise en œuvre du programme San Gottardo sont très encourageants. Les coopérations dans les domaines des infrastructures, de l’approvisionnement, de l’énergie, de la protection de la nature et de l’espace culturel sont encouragées, en particulier avec la Città Ticino, Lucerne et les Alpes occidentales et orientales.
Alpes occidentales
Le territoire d’action des Alpes occidentales recouvre le Valais, les Alpes vaudoises et l’Oberland bernois, et s’étend jusqu’aux Alpes fribourgeoises et aux régions frontalières françaises et italiennes. Son attrait est important et il offre des structures d’habitat à taille humaine dans un paysage alpin grandiose. De par son histoire et sa culture, la région est étroitement imbriquée avec le Plateau, le lac Léman, le Val d’Aoste et le Piémont, la vallée d’Ossola et la Lombardie, ainsi qu’avec la région du Gothard, le Tessin et les Grisons. Quatre axes marquent le territoire et le relient à grande échelle : la vallée du Rhône, qui fait partie de l’axe central est-ouest à travers les Alpes, la liaison alpine de Montreux à Berne, la transversale alpine Lötschberg-Simplon et le Grand-Saint-Bernard.
Les Alpes occidentales sont une région touristique importante, de l’Oberland bernois au canton du Valais en passant par les Alpes vaudoises et fribourgeoises. Avec son site Jungfrau-Aletsch inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa région transfrontalière Suisse-Italie-France englobant la Pointe Dufour, le Cervin, le Grand Combin et le Mont-Blanc, la vallée du Rhône, Gstaad-Château-d’Oex, Crans-Montana, Verbier, Villars et Saas-Fee, ce territoire d’action dispose d’espaces naturels remarquables et d’atouts touristiques de renommée internationale.
La vallée du Rhône, longue de 100 kilomètres, constitue en Valais un espace économique dynamique relié au réseau national et international. Ce réseau se déploie entre quatre pôles sis dans les agglomérations du Chablais, de Martigny, de Sion-Sierre et de Brigue-Viège. Les Alpes occidentales disposent ainsi d’un tissu économique diversifié.
Parallèlement aux agglomérations et aux destinations touristiques, les centres régionaux et les parcs naturels régionaux jouent un rôle important pour que les petites vallées périphériques à l’habitat dispersé puissent continuer à fonctionner comme espaces de vie, économiques et culturels.
Améliorer les liaisons avec les espaces économiques et métropolitains environnants
Pour renforcer la compétitivité du territoire d’action, il est nécessaire de développer et d’améliorer les interactions et les liens de chacune de ses régions avec les régions environnantes. Cela concerne notamment l’accès à la région lémanique, à la Région capitale suisse et à l’espace métropolitain de Zurich, mais aussi le renforcement de l’axe transalpin est-ouest en direction du Gothard et des Alpes orientales, et la liaison entre le Haut-Valais et l’Italie via le Simplon.
Renforcer le réseau interne, garantir l’accessibilité des centres
Il faut garantir que les centres importants des Alpes occidentales soient rapidement accessibles entre eux et depuis les régions voisines. Le maillage fin et le raccordement avec les alentours du territoire d’action doivent être améliorés via d’autres axes consacrés à l’énergie et aux transports. Les liaisons touristiques en provenance de la vallée du Rhône, depuis la Riviera sur le lac Léman et depuis Spiez et Interlaken vers les centres touristiques doivent être améliorées. La fréquence des transports publics doit être optimisée en de nombreux endroits, notamment pour promouvoir le tourisme quatre saisons. Des solutions innovantes doivent être recherchées pour les périodes de pointe. Il est nécessaire de développer des liaisons entre le fond de la vallée et ses flancs ou les vallées latérales, en lien direct avec les gares CFF et les installations à câbles, afin de transférer le trafic pendulaire et touristique de la route vers le rail dans les espaces ruraux et périurbains.
Minimiser les effets du changement climatique
Les infrastructures stratégiques ainsi que les zones et installations d’habitation, de travail, de loisirs et de tourisme doivent être protégées contre les dangers naturels au moyen d’ouvrages de protection et par un développement territorial prévoyant. Leur habitabilité et leur utilisation doivent être garanties. L’infrastructure écologique doit être renforcée et le fonctionnement des espaces naturels doit être préservé.
Valoriser la plaine du Rhône en tant qu’espace multifonctionnel, profiler les villes et les agglomérations
Le développement territorial en fond de vallée du Rhône doit être piloté sur la base d’une stratégie intercommunale et interrégionale, tout en tenant compte des besoins relatifs à un développement concentré de l’urbanisation, à l’économie, à l’agriculture, à la protection contre les crues, à la nature et aux loisirs de proximité. La troisième correction du Rhône offre la possibilité de mettre en place une organisation territoriale largement acceptée, répondant aux exigences d’utilisation de l’économie, de l’habitat, de l’agriculture, de la protection contre les crues et du paysage.
Les villes et les agglomérations de la vallée du Rhône identifient leurs points forts et leurs potentiels respectifs afin de mieux répartir les fonctions pour fournir des services efficaces et d’excellentes infrastructures. Il faut poursuivre la dynamique dans le domaine de la formation et des réseaux d’innovation, en mettant l’accent sur la gestion de l’eau et les ressources durables.
Il convient également d’accorder une grande attention à l’intégration paysagère des constructions et des aménagements dans les agglomérations, les villes et les villages, et de poursuivre les efforts en matière de culture du bâti.
Assurer et créer un cadre favorable à l’emploi régional
Dans les centres, il convient de créer des conditions-cadres favorables pour les entreprises et les emplois dans les secteurs de l’artisanat, des services et de l’industrie. Les activités ayant une utilité directe pour la population résidente doivent faire l’objet d’une attention particulière. Il faut exploiter les possibilités de décentralisation et de diversification des activités économiques afin de développer le fonctionnement des vallées. Cela nécessite une coordination entre les différentes politiques sectorielles et une gestion régionale des zones d’activités.
Développer des concepts d’approvisionnement à petite échelle
L’approvisionnement de base et le service public doivent être assurés dans les différentes parties du territoire d’action et jusque dans les vallées périphériques. Dans ces dernières, il convient de mettre en place et de développer un approvisionnement plus flexible et à plus petite échelle à partir des centres régionaux.
Renforcer les zones touristiques et préserver les espaces naturels
Les destinations touristiques doivent s’adapter à l’évolution des besoins des visiteurs. Les atouts régionaux dans les domaines de la nature, de la culture et de la production agricole locale doivent être mieux mis en valeur afin de promouvoir le tourisme quatre saisons. Le tourisme hivernal sera renforcé par un développement des régions qui s’y prêtent.
L’équilibre entre les régions touristiques fortement ou faiblement exploitées d’une part, et les espaces et paysages naturels intacts d’autre part, doit être préservé. Les activités touristiques doivent être dirigées vers les régions qui s’y prêtent. Les opportunités et les risques liés aux grands complexes touristiques doivent être pris en considération. Les nouvelles installations doivent être intégrées dans les structures existantes ou, si le besoin est avéré, y être rattachées en visant une croissance qualitative, avec des durées de séjour plus longues et plus de valeur ajoutée régionale.
Créer des logements abordables
De manière générale, les logements abordables font défaut. Dans les centres touristiques, cette pénurie est particulièrement marquée pour la population locale. Il convient de développer des stratégies adaptées au contexte local pour résoudre ce problème. À cet effet, des modèles innovants doivent également être mis en œuvre.
Protéger les paysages de haute montagne, exploiter les énergies renouvelables à des endroits appropriés
Les paysages naturels de haute montagne ont un besoin accru de protection. Le choix des zones adaptées à l’installation d’infrastructures de production et de stockage d’énergie à grande échelle (hydroélectricité, éolien, PV) doit s’effectuer avec le plus grand soin, en tenant compte de tous les intérêts en présence. Outre le développement de la production hivernale d’électricité, il existe un potentiel supplémentaire consistant à regrouper des infrastructures et installations existantes.
Renforcer l’agriculture et la sylviculture, utiliser le patrimoine culturel et les paysages avec discernement
Pour préserver les paysages alpins tout en les exploitant mieux, il faut promouvoir un tourisme naturel et culturel et promouvoir la fabrication de produits régionaux. Cela doit se faire en étroite collaboration avec les parcs naturels régionaux, l’agriculture et l’économie forestière, qui contribuent à la vitalité économique et sociale du territoire d’action, à son important attrait touristique et à la promotion de sa biodiversité. Il convient d’examiner dans quelles régions instaurer des mesures d’encouragement pour empêcher une diminution de l’exploitation agricole et alpestre.
Les différents paysages culturels doivent être développés et entretenus conformément à leur caractère. Le patrimoine culturel doit être entretenu, en particulier les voies de communication historiques, les quartiers de village et les mayens avec leur environnement paysager.
Développer la collaboration
Les coopérations existantes dans l’Espace Mont-Blanc et la région Domodossola-Val d’Aoste, de même que les coopérations à l’interface du Gothard et de l’Espace métropolitain lémanique transfrontalier incluant la région du Chablais doivent être développées de manière ciblée.
Alpes orientales
Le territoire d’action trilingue des Alpes orientales se caractérise par ses nombreuses vallées orientées vers différents horizons culturels. Sur le plan économique, il est relié aux espaces métropolitains de Zurich, Munich et Milan. Marqué par des axes de communication et de transit historiques, il entretient également des relations étroites avec la région du lac de Constance et le Vorarlberg au nord, le Tyrol et le Tyrol du Sud à l’est, la Valteline et le Tessin au sud, ainsi que la région du Gothard et les Alpes occidentales à l’ouest.
Certaines de ces voies de communication historiques et transfrontalières sont aujourd’hui devenues des corridors d’infrastructures énergétiques et de transport modernes. Dans le sens nord-sud, il s’agit des liaisons via San Bernardino, Julier – Bernina ou Maloja, Flüela et Ofenpass, ainsi que Oberalp – Lukmanier. Dans le sens est-ouest, il s’agit de la liaison entre la vallée du Rhin antérieur et la vallée du Rhône et de l’axe Engadine – Bergell. Les liaisons routières dominent.
Coire est le centre urbain le plus important du territoire d’action. La sphère d’influence de l’agglomération du même nom couvre une grande partie des Alpes orientales. Avec Klosters-Davos, Engadin St. Moritz, Lenzerheide-Arosa et Flims-Laax, la région compte quatre pôles touristiques de renommée internationale présentant un caractère urbain.
Les centres régionaux approvisionnent la population des vallées et contribuent de manière significative à leur fonctionnement en tant qu’espaces de vie, économiques et culturels.
Outre le tourisme et les entreprises performantes dans l’industrie et les services, la production d’énergie à partir de sources renouvelables revêt une grande importance économique.
Améliorer les liaisons avec les espaces économiques et métropolitains environnants, développer les interdépendances fonctionnelles
Les interdépendances fonctionnelles avec les espaces métropolitains voisins ainsi qu’avec les régions environnantes, tant en Suisse qu’à l’étranger, seront développées dans les domaines de l’économie, de l’énergie, du tourisme, de la formation et de la culture. À cet égard, le renforcement des liaisons avec l’espace métropolitain de Zurich revêt une importance particulière, notamment en raison de son rôle de hub international. Une intégration plus poussée avec la région du lac de Constance, Munich et Stuttgart, le Liechtenstein et le Vorarlberg, le Tyrol, Milan et les régions italiennes voisines est également recherchée, notamment dans le domaine des transports publics. Le développement des infrastructures de transport doit être étroitement coordonné avec le développement urbain et régional afin que des correspondances et des arrêts appropriés génèrent également une valeur ajoutée (et pas seulement des émissions) dans les vallées traversées.
Assurer efficacement l’accessibilité des centres
Les centres urbains, touristiques et régionaux sont accessibles rapidement, de manière fiable et efficace depuis les vallées voisines et les territoires d’action environnants. Un réseau de transports publics suffisamment dense est garanti. Le système de transport régional est protégé contre la saturation périodique des corridors de transit routiers par des mesures appropriées. La complémentarité entre les transports publics et le transport individuel motorisé est développée, une attention particulière étant accordée aux interfaces multimodales.
Le développement des infrastructures, réalisé dans une optique de durabilité, s’accompagne d’une optimisation des cadences des transports publics et des chaînes de transport. Dans les régions périphériques, une qualité de desserte appropriée est garantie. Des modèles visant à assouplir l’offre et à la rendre plus attractive (par exemple avec des véhicules autonomes) sont testés et mis en œuvre.
Minimiser les effets du changement climatique
Les infrastructures stratégiques ainsi que les zones d’habitation, de travail, de loisirs et de tourisme doivent être protégées contre les dangers naturels par des ouvrages de protection et un développement territorial prévoyant. Leur habitabilité et leur utilisation doivent être garanties. L’infrastructure écologique doit être renforcée et la fonctionnalité des espaces naturels préservée.
Valoriser et développer l’agglomération de Coire et le fond de vallée multifonctionnel de la vallée du Rhin
L’agglomération de Coire et le fond de vallée multifonctionnel de Thusis à Sargans seront renforcés et développés en tant que pôle économique et éducatif dynamique ainsi qu’en tant qu’espace de vie et culturel. Ce faisant, les besoins en matière de développement urbain concentré, de dynamisme économique, d’agriculture, de protection contre les dangers naturels, de nature et de loisirs de proximité seront pris en compte.
En s’appuyant sur leurs atouts et leur potentiel respectifs, les différentes régions et localités poursuivront leur développement en optimisant la répartition des fonctions existantes de manière à fournir des services efficaces et offrir des infrastructures performantes. De même, la dynamique existante dans le domaine de la formation sera renforcée là où cela se justifie.
Renforcer les régions touristiques et préserver les espaces naturels
Les offres touristiques sont adaptées à l’évolution des besoins des visiteurs et au changement climatique. D’une part, il convient de valoriser davantage le tourisme estival et les activités qui y sont liées. D’autre part, le tourisme hivernal doit être renforcé par le développement ciblé des régions qui s’y prêtent.
L’équilibre entre les régions touristiques et les espaces naturels préservés doit être maintenu autant que possible. Les activités touristiques intensives doivent être concentrées autant que possible afin de soulager les espaces naturels, en particulier les zones de repos de la faune sauvage.
Créer des logements abordables
De manière générale, les logements abordables font défaut. Cette pénurie touche particulièrement la population locale des centres touristiques. Il convient de développer des stratégies adaptées au contexte local pour résoudre ce problème. Des modèles innovants doivent également être mis en œuvre.
Garantir et créer des conditions-cadres favorables à l'emploi régional
La mise en place de conditions favorables – surtout en termes de disponibilité d’espace – pour les entreprises innovantes et orientées vers l’exportation est une priorité absolue, soutenue par une gestion des zones d’activités. La formation de clusters sectoriels ainsi que les activités économiques présentant un intérêt direct pour la population locale (dans le sens d’une décentralisation et d’une diversification) revêtent une importance particulière.
Dans les vallées périphériques, le tissu économique local contribue au maintien des structures existantes et à la vitalité sociale grâce à l’internalisation des chaînes de création de valeur, par exemple en combinant tourisme naturel et culturel, agriculture et industrie manufacturière. Une coordination efficace entre les politiques sectorielles contribuera à la création de bonnes conditions pour l’économie locale.
Développer des concepts d’approvisionnement adaptés
L’approvisionnement de base et le service public doivent être assurés jusque dans les vallées périphériques. Pour ce faire, il est possible de s’appuyer sur des modèles d’approvisionnement innovants, comme les épiceries de village multifonctionnelles ou les magasins avec accès numérique.
Protéger les paysages de haute montagne, développer les énergies renouvelables de manière ciblée
Les paysages naturels de haute montagne sont particulièrement vulnérables. Le choix des zones adaptées à l’installation d’infrastructures de production et de stockage d’énergie à grande échelle (hydroélectricité, énergie éolienne ou photovoltaïque) doit s’effectuer avec le plus grand soin, en tenant compte de tous les intérêts en présence. Il faut favoriser le regroupement des installations énergétiques et les installations en synergie avec les infrastructures existantes.
Renforcer l’agriculture et la sylviculture, utiliser le patrimoine naturel et culturel avec discernement
L’agriculture et la sylviculture contribuent à la préservation des paysages ruraux alpins. Le tourisme en lien avec la nature et la culture, ainsi que la commercialisation des produits régionaux favorisent un développement doux et prudent du paysage. Ces approches contribuent à l’attractivité des vallées et favorisent la biodiversité. Les modèles économiques innovants existants sont développés.
Le riche patrimoine naturel et culturel est valorisé pour le développement social et économique. En particulier, les paysages cultivés sont développés et entretenus en fonction de leur caractère.
Continuer à promouvoir la collaboration
La collaboration transfrontalière est encouragée. Les coopérations liées à des sites, des projets et des thèmes avec les régions partenaires voisines sont à développer.
- Renforcer la polycentralité, la coopération et la diversité régionale
- Assurer les bases naturelles de la vie et une qualité élevée des paysages et du bâti
- Prévoir des espaces pour le développement de la population et de l’économie, façonner la mobilité et l’énergie en adéquation avec l’environnement et le climat